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Contaminants chimiques

Cadmium : l’Anses appelle à agir à la source des sols agricoles

L’Anses publie une expertise sur l’exposition de la population française au cadmium et identifie l’alimentation comme principale source. L’Agence recommande d’agir en priorité sur la contamination des sols agricoles et les matières fertilisantes, tout en appelant à une révision des teneurs maximales dans les aliments.
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  • Auteur : Stéphanie Perraut

Le 21 août 2025, Que Choisir avait déjà mis le feu aux poudres (de cacao). «Les Français sont trop exposés au cadmium, un métal lourd cancérigène, toxique pour les reins et les os, et potentiellement délétère pour le développement du fœtus et du jeune enfant. Or, notre enquête et nos analyses révèlent que les produits chocolatés (tablettes, biscuits, céréales, chocolat en poudre) peuvent en contenir des doses très importantes… surtout s’ils sont bio!», alertait alors Elsa Abdoun, journaliste en charge de l’enquête. Régulièrement, des non-conformités sont signalées au niveau européen.

Publiées fin mars par l’Anses (Agence nationale de sécurité des aliments), les conclusions de son expertise consacrée à la priorisation des leviers d’action pour réduire l’imprégnation de la population française au cadmium enfoncent le clou. Cette synthèse repose sur un rapport collectif fondé sur une approche d’exposition agrégée, qui intègre l’ensemble des sources et voies d’exposition. Les travaux s’inscrivent dans une auto-saisine engagée en 2023. L’approche retenue consiste à agréger les expositions issues de différentes sources - alimentation, eau, air, poussières, sols et tabagisme - puis à modéliser leur contribution à l’imprégnation humaine au cours de la vie. Les résultats sont confrontés aux données de biosurveillance disponibles en France.

Le constat central est inchangé par rapport aux travaux antérieurs, mais renforcé : l’alimentation constitue la principale source d’exposition au cadmium pour la population générale. Chez les non-fumeurs, elle explique l’essentiel de l’imprégnation, pouvant atteindre jusqu’à 98 % selon les classes d’âge. Chez les fumeurs, le tabagisme constitue une source additionnelle significative, sans remettre en cause la place dominante de l’alimentation.