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Ingrédients

Après un bon exercice, Cristal Union joue la prudence pour l’avenir

Après deux belles années, le groupe prend ses dispositions pour faire face à une baisse des cours du sucre et aux coûts de production en hausse. 
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  • Auteur : Amelie Dereuder
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Après un exercice 2023/24 exceptionnel, Cristal Union enregistre un chiffre d’affaires de 2,65 Mds€, en baisse de - 3,8 %. Des résultats jugés « de bon niveau » par son directeur général Xavier Astolfi lors d’une conférence de presse. Selon lui, il s’agit du troisième meilleur résultat du groupe créé en 2000 . Dans le détail, 60 % du chiffre d’affaires proviennent du sucre de betterave, 21 % de l’alcool, 7 % de l’alimentation animale (pulpe et pellets), 6 % du raffinage et 6 % d’autres activités. En effet, la société a privilégié la production de sucre et d’alcools rectifiés de haute qualité, et a orienté ses ventes vers les pays déficitaires en Europe et au grand export, les marchés mondiaux étant plus porteurs.

La diversification des filiales (raffinage, commerce, etc.) a contribué à hauteur de 38 M€ aux résultats du groupe. Malgré une baisse de 33 % de l’Ebitda, Cristal Union conserve un taux de marge de 13 %, ce qui lui permet d’autofinancer ses investissements, de réduire de 48 % son endettement et de renforcer ses capitaux propres. Le résultat net s’élève à 117 M€ (307 sur 2023/2024).

Poursuivre les investissements pour sécuriser l’avenir

Cristal Union poursuit aussi sa croissance grâce à la reprise des betteraves des planteurs de la sucrerie de Souppes-sur-Loing (77), fermée début 2025, ainsi que par la prise de contrôle de la sucrerie Lesaffre Frères à Nangis (77) . La société transforme donc 45 % de la surface betteravière française.

Le groupe a aussi investi 107 M€ l’an dernier, dont la moitié a été consacrée à la sobriété en eau et en énergie ainsi qu’à la décarbonation de ses activités. Le site de Corbeilles-en-Gâtinaix (44) a ainsi vu sa facture d’énergie réduire de 22 % en deux ans, celle de Sillery (51) ayant diminué de 5 % en un an. À Fontaine-le-Dun (76), le groupe prévoit une baisse de 16 % pour 2026. 

En outre, les neuf sucreries sont dès à présent entièrement autonomes en eau grâce à la récupération des eaux de betterave (75 % du poids). 10 millions de m 3 d’eau sont ainsi économisés chaque année. Les distilleries seront également autonomes à horizon 2030 , pour gagner encore 2 à 3 millions de m 3 d’eau supplémentaire. Le groupe prévoit d’investir encore 90 à 80 M€ l’an prochain dans la décarbonation pour assurer sa performance industrielle à long terme.

Assurer une rémunération supplémentaires aux adhérents 

Toutefois, la société s’attend à des résultats 2025/26 en forte baisse, en lien avec les cours européens qui diminuent et des coûts de production agricole et industriels en forte augmentation. « La profitabilité de la filière a fortement chuté en Europe. Même avec des prix dépassant les 500 €/t, il est difficile de couvrir les coûts de production et d’être compétitif. C’est la raison des fermetures récentes de deux sucreries chez Agrana en Autriche et République Tchèque, de deux autres chez Azucarera en Espagne, ainsi que celle de Souppes-sur-Loing », ajoute le Xavier Astolfi.

Cristal Union a donc mis en place en 2024 une caisse de péréquation collective, dotée de 50 M€, avant de rajouter la même somme en 2025. Elle permettra de compléter en cas de besoin la rémunération de ses adhérents. « Nous évoluons dans des marchés cycliques. Après la hausse de l’an dernier, les marchés sont désormais en forte baisse. Mais Cristal Union a su prendre, au bon moment, des décisions qui permettront de sécuriser la rémunération des betteraves lorsque les marchés seront moins rémunérateurs. Pour la deuxième année, les bons résultats de la coopérative lui ont permis de doter à nouveau la caisse de péréquation collective dont le montant total est porté à 100 millions d’euros », explique Olivier de Bohan, président de Cristal Union. Un filet de sécurité qui apporte de la visibilité aux planteurs de betterave et doit les inciter à poursuivre les emblavements afin de ne pas fermer de sucreries supplémentaires.

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LANTECH
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