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Microbiologie

Le projet Spoilog s’attaque au gaspillage alimentaire

Mérieux NutriSciences, Fleury Michon, Eurial et l’unité de recherche Secalim s’associent pour trouver des solutions aux problématiques de flore d’altération et réduire le gaspillage alimentaire.
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  • Auteur : Stéphanie Perraut
L'équipe Spoilog lors de la réunion de lancement du projet.

L'équipe Spoilog lors de la réunion de lancement du projet.

Initié et présidé par Mérieux NutriSciences, le consortium stratégique Spoilog (Spoilage microorganisms database in classical foods and analogs) rassemble deux industriels, Fleury Michon et Eurial, ainsi que la structure de recherche académique et unité mixte de recherche Inrae-Oniris Secalim. Cette alliance mutualise expertise scientifique et capacité industrielle pour s’attaquer à un enjeu sociétal et économique majeur : le gaspillage alimentaire lié à l’altération des produits.

En Europe, on estime à 30 % la part de la production alimentaire gâchée, dont 25 % seraient attribués à l’altération microbiologique. Le phénomène est accentué par la réduction et la recyclabilité des emballages, les reformulations à teneur réduite en sel ou encore les tendances clean label et « greener biocide ». En parallèle, il existe peu de méthodes normalisées pour identifier l’organisme responsable de l’altération et surveiller le process.

Un outil de pilotage interactif

Labellisé par le pôle de compétitivité Valorial et soutenu par la région Pays de la Loire, le projet Spoilog œuvrera pendant 4 ans et demi à la constitution d’une base de données multi-filières et multi-critères pour aider les acteurs du secteur à mieux gérer, anticiper et maîtriser les problématiques liées à ces microorganismes. Dopée à l’intelligence artificielle pour être interactive, la base de données réunira et organisera :

  • Les données bibliographiques fiables et pertinentes sur les flores d’altération existantes à ce jour.
  • De nouvelles données générées par le consortium sur la base d’une démarche expérimentale robuste.

Cette approche vise non seulement à développer la connaissance sur les microorganismes responsables des altérations, mais aussi à identifier les techniques analytiques de séquençage et d’identification les plus adaptées aux besoins du terrain.

Grâce à cet outil de pilotage, les entreprises membres du consortium et, à terme, l’ensemble du secteur pourront :

  • Réduire les pertes de produits par une meilleure compréhension et maîtrise des flores d’altération.
  • Étudier l’augmentation de la durée de vie commerciale des produits par la collecte de données, ouvrant ainsi l’accès à de nouveaux marchés.
  • Maîtriser de nouvelles connaissances sur les écosystèmes bactériens, essentielles pour les produits traditionnels et l’émergence des nouveaux produits à base de protéines végétales.

« Ce projet vise à produire des connaissances et des solutions opérationnelles pour une meilleure maîtrise des phénomènes d’altération des produits alimentaires. C’est un engagement fort pour l’avenir d’une alimentation plus sûre et plus durable. En associant notre expertise scientifique au savoir-faire industriel de nos partenaires et à l’excellence académique de Secalim, nous sommes convaincus de pouvoir développer des solutions concrètes à destination des industriels pour optimiser la durée de vie des produits », déclare Guillaume Frelat, directeur du Silliker Food Science Center chez Mérieux NutriSciences France.

« Les recherches menées par nos équipes trouveront, grâce à ce consortium, un débouché concret et rapide dans l’industrie, permettant un impact direct sur la réduction du gaspillage alimentaire, un enjeu sociétal majeur », ajoute Emmanuel Jaffrès, enseignant-chercheur à Secalim, qui annonce accueillir pour le projet une ingénieure contractuelle pendant 18 mois à partir de mars 2026.