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Et demain ?

Afterres 2050, une prospective qui bouscule les chaînes de transformation

Et si l’on pouvait, en repensant nos manières de produire et de consommer, relever à la fois les défis climatiques, alimentaires et écologiques ? C’est l’exercice que relate le dernier scénario Afterres 2050 édition 2026.
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  • Auteur : Christophe Meneust
Le scénario Afterres 2050, édition 2026 a été dévoilé les 25 et 26 novembre derniers lors de l’Université Afterres2050 qui se tient à Toulou

Le scénario Afterres 2050, édition 2026 a été dévoilé les 25 et 26 novembre derniers lors de l’Université Afterres2050 qui se tient à Toulouse.

Rééquilibrage des filières, montée en puissance du végétal, relocalisation des flux : l’édition 2026 du scénario Afterres trace une trajectoire de transformation profonde pour l’industrie agroalimentaire française face aux contraintes climatiques. Alors que le secteur fait face à une accumulation de contraintes, changement climatique, volatilité des matières premières, pression réglementaire et évolution rapide de la demande, le scénario Afterres 2050, publié par Solagro dans son édition 2026, propose une lecture systémique des mutations à venir. Bien au-delà de la seule production agricole, ce travail prospectif interpelle directement les outils industriels, les chaînes d’approvisionnement et les stratégies de transformation.

Un changement de paradigme pour l’approvisionnement industriel

Afterres part d’un constat clair : la biomasse devient une ressource stratégique limitée. L’agriculture ne pourra plus répondre simultanément aux usages alimentaires, énergétiques et matériaux sans arbitrages explicites. Pour l’industrie agroalimentaire, cela implique une recomposition structurelle des flux de matières premières. La trajectoire retenue prévoit une baisse significative des volumes de productions animales, un recentrage des surfaces agricoles sur l’alimentation humaine, une montée en puissance des légumineuses, cultures diversifiées et productions végétales à plus forte valeur fonctionnelle. Par conséquent les filières historiquement structurées autour de volumes importants, standardisés et peu diversifiés devront s’adapter à des matières premières plus hétérogènes, issues de territoires relocalisés et produites sous contraintes agroécologiques.

La biomasse deviendra une ressource agricole stratégique limitée.

La biomasse deviendra une ressource agricole stratégique limitée.

Moins de volumes, plus de valeur ajoutée

Le scénario ne projette pas une décroissance industrielle, mais une mutation du modèle de création de valeur. La réduction de la consommation de produits animaux et ultra-transformés s’accompagne d’un développement de nouvelles catégories de produits : ingrédients végétaux, protéines alternatives, aliments peu transformés, solutions nutritionnelles ciblées. Pour les industriels, cela signifie une réorientation des investissements vers des lignes plus flexibles, le développement de capacités de tri, de fractionnement et de formulation adaptées aux légumineuses et cultures associées, une montée en compétences sur les procédés sobres en énergie et en eau. Afterres souligne également le rôle clé de la réduction des pertes et gaspillages (- 50 %), qui devient un levier industriel à part entière : optimisation des rendements matière, valorisation des coproduits, nouveaux débouchés en alimentation humaine ou animale.

Le gaspillage alimentaire sera réduit de moitié par rapport à aujourd’hui.

Le gaspillage alimentaire sera réduit de moitié par rapport à aujourd’hui.

Un choc d’adaptation pour les filières animales

La baisse des cheptels (près de - 50 % pour les bovins) constitue l’un des points les plus structurants pour l’industrie. Les volumes de lait et de viande diminuent, mais la France conserve son autosuffisance alimentaire. Pour les transformateurs, l’enjeu n’est plus la sécurisation de volumes croissants, mais la gestion d’un amont plus rare, plus cher et plus différencié. Le scénario privilégie des filières sous signes de qualité, des élevages autonomes, territorialisés, une valorisation accrue de chaque carcasse et de chaque litre de lait. Cela suppose une réorganisation des abattoirs, laiteries et ateliers de transformation, avec des unités plus proches des bassins de production et une meilleure intégration territoriale.

L’élevage bovin sera réduit de moitié à l’horizon 2050.

L’élevage bovin sera réduit de moitié à l’horizon 2050.

Biomasse, énergie et matériaux : des synergies industrielles à structurer

Afterres ouvre aussi des perspectives industrielles hors alimentation. Le développement des matériaux biosourcés (bois, chanvre, lin, paille) et de la méthanisation agroécologique transforme l’agriculture en fournisseur multi-usage. Pour l’industrie, ces évolutions posent des questions stratégiques sur l’articulation entre usages alimentaires et non alimentaires de la biomasse (sujet abordé lors du webinaire Elo Décarbonation concernant la disponibilité de la biomasse), sécurisation des coproduits, intégration de l’énergie renouvelable locale dans les sites industriels. La méthanisation, en particulier, est présentée comme un secteur économique structurant, au même titre que certaines grandes filières agricoles actuelles, avec des effets directs sur les coûts énergétiques et la fertilisation des sols.

Un cadre d’anticipation pour les industriels

Afterres 2050 ne constitue pas un plan industriel clé en main, mais une boussole stratégique. Il invite les entreprises agroalimentaires à anticiper la fin d’un modèle fondé sur l’abondance de matières premières bon marché, la montée en puissance des exigences climatiques et sanitaires, la nécessité d’investir dans la flexibilité, la qualité et la coopération territoriale.

LANTECH
Lantech a mis au point un système unique permettant de remplir automatiquement le magasin de la formeuse de caisses. Les flans sont prélevés et placés dans le magasin quelle que soit leur configuration. Les sangles sont retirées. Aucune exigence particulière n’est requise en matière de palettes et aucune intervention humaine n’est nécessaire. Lantech@Interpack, hall 13, stand C47, du 7 au 13 mai.