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Brasserie

Bière : le marché résiste, mais les temps sont difficiles pour les acteurs

En 2025, le marché français de la bière montre des signes de stabilisation après plusieurs années de repli. Toutefois, la filière brassicole évolue dans un environnement économique et réglementaire contraint, qui pèse sur la compétitivité des entreprises et limite leurs capacités d’investissement à moyen terme. Détails.
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  • Auteur : Christophe Meneust
Les brasseries peinent à relever la tête.

Les brasseries peinent à relever la tête.

« Après une baisse cumulée de 7 % entre 2022 et 2024, le marché français de la bière reste globalement stable en 2025 », affirme le syndicat professionnel, les Brasseurs de France. La consommation à domicile enregistre une légère progression (+1,2 %) selon NielsenIQ, portée par certains circuits de distribution. Notamment les ventes en drive et dans les magasins à marques propres progressent respectivement de 6 % et 5,5 %, tandis que les circuits de distribution traditionnels demeurent en retrait. La consommation hors domicile représente environ 30 % du chiffre d’affaires du secteur, mais affiche un recul des volumes de 1,5 %. L’été 2025, période stratégique pour la catégorie, a connu une progression de 1,4 % par rapport à l’été 2024, marqué par des conditions météorologiques défavorables. Sur la période estivale, une augmentation notable des volumes de bière sans alcool a été observée, avec 600 000 litres supplémentaires consommés entre juillet et août 2025.

Les brasseries sous pression

Avec environ 2500 brasseries, la France demeure le pays européen comptant le plus grand nombre d’entreprises du secteur, s’appuyant sur un amont agricole structuré et une diversité de modèles économiques. Toutefois, la stagnation des volumes, conjuguée à la hausse continue des coûts de production, affecte durablement les équilibres économiques des brasseries. Plusieurs facteurs contribuent à cette situation : la fin programmée de l’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) en 2026, l’augmentation des redevances liées à l’eau, la hausse de la contribution à la responsabilité élargie du producteur (REP) pour les emballages ménagers, la complexité réglementaire ainsi qu’une pression fiscale persistante ( Voir l’article ce qui vous attend en 2026 ). Ces contraintes affectent particulièrement un secteur composé à 96 % de TPE et de PME.

En 2025, 209 brasseries ont cessé leur activité, soit un rythme proche de quatre fermetures par semaine, pour un nombre d’ouvertures quasiment équivalent (213). Cette dynamique prolonge celle observée en 2024, année au cours de laquelle les fermetures avaient déjà dépassé les créations. Dans ce contexte, des opérations de consolidation se poursuivent, notamment via la mutualisation d’outils de production ou des rapprochements stratégiques, afin de sécuriser les capacités industrielles et la pérennité des entreprises.

Diversification et innovation comme leviers de développement

Face aux tensions économiques, la diversification de l’offre et l’innovation demeurent des leviers structurants pour la filière selon les Brasseurs de France. La diversité des formats contribue à cette dynamique : en grande distribution, les canettes enregistrent une progression de 4,8 % en volume, tandis que les bouteilles de 75 cL progressent de 4,2 %. Ce format fait également l’objet d’expérimentations de réemploi, notamment dans le cadre du projet ReUsedéployé dans le Nord et l’Ouest de la France.

Un secteur porté par le sans alcool

Le segment des bières sans alcool constitue un moteur de croissance significatif. En hausse de 11,5 % sur un an, il représente près de 6 % des volumes vendus en grande distribution. Une enquête flash menée par Brasseurs de France en janvier 2026 indique que 40 % des brasseurs produisent déjà de la bière sans alcool, de manière régulière ou occasionnelle, et que 30 % disposent d’un projet en cours. Parmi les producteurs engagés sur ce segment, 50 % utilisent des levures spécifiques, illustrant le rôle central de la recherche et de l’innovation. Près de 60 % estiment que le marché de la bière sans alcool est en croissance, la demande des consommateurs constituant la principale motivation. Les données de Santé Publique France confirment une évolution des comportements, avec une baisse de la consommation quotidienne d’alcool de 13 % entre 2021 et 2023, ainsi qu’une augmentation du nombre de non-buveurs, en particulier chez les jeunes : près de 20 % des jeunes de 17 ans déclarent n’avoir jamais consommé d’alcool, contre 7 % il y a vingt ans.

Selon Brasseurs de France, la filière dispose des compétences techniques et des capacités d’innovation nécessaires pour répondre à l’évolution des attentes des consommateurs et poursuivre ses investissements. La stabilité du cadre fiscal et réglementaire apparaît toutefois comme un facteur déterminant pour inscrire cette dynamique dans la durée.

LANTECH
Lantech a mis au point un système unique permettant de remplir automatiquement le magasin de la formeuse de caisses. Les flans sont prélevés et placés dans le magasin quelle que soit leur configuration. Les sangles sont retirées. Aucune exigence particulière n’est requise en matière de palettes et aucune intervention humaine n’est nécessaire. Lantech@Interpack, hall 13, stand C47, du 7 au 13 mai.