Contrôle des trieuses pondérales : explications du LNE
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- Auteur : François Morel
Dans le cadre de l’article consacré aux trieuse pondérales, publié dans le n° de janvier (rubrique Emballage) de Process Alimentaire, Denis Vogel du Pôle Certification Instrumentation du LNE (Laboratoire National de Métrologie et d’Essais) nous a apporté quelques précisions sur les évolutions qui touchent les contrôles de ce type de matériel.
Process Alimentaire : Y a t-il une uniformisation des principes de pesage ? Dans ce cas, en quoi se différencient les systèmes de contrôle sur le marché ?
Denis Vogel : D’un point de vue technique de pesage, les choses continuent de progresser, tels que la vitesse des convoyeurs de pesage des pré-emballages, mais il n’y a pas de « cassure » technologique. Les évolutions, comme dans beaucoup de domaines, s’orientent vers les services complémentaires : traitement ultérieur, transferts, et mémorisation de données.
P.A : La directive européenne MID a modifié le principe des agréments. Pouvez- nous nous préciser quelles en sont les conséquences ?
D.V : La directive 2044/22/CE (Measuring Instruments Directive - MID) dans laquelle sont intégrées notamment les trieuses pondérales et les doseuses pondérales, a apporté plusieurs choses :
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Elle permet de délivrer des certificats CE, c’est-à-dire validés sur toute l’UE.
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Elle apporte toutes les possibilités d’évaluation définies par la « nouvelle approche » (annexes A à H1).
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Elle fixe des exigences essentielles générales et, en complément, des listes de documents normatifs et/ou normes harmonisées ont été publiées. Celles- ci constituent un ensemble de solutions acceptables pour respecter les exigences essentielles. »
Process Alimentaire : En matière de tolérance de poids, y a t-il eu des progrès techniques ? Si oui, ont-ils été pris en compte dans les certifications ?
D.V : En France, nous avions depuis 1998 pris l’option d’appliquer les référentiels définis par les recommandations de l’OIML . Les documents normatifs dont le respect vaut présomption de conformité aux exigences essentielles de la directive, étant constitués par les recommandations de l’OIML (R51/2006) pour les trieuses pondérales, par exemple, il n’y a pas eu d’évolution relative aux tolérances de poids pour les instruments les plus couramment commercialisés.
La seule chose notable est l’addition de classes d’exactitude, correspondant à des tolérances sur la moyenne, un peu plus resserrées, mais les tolérances restent identiques sur l’écart type.
Par contre, il y a eu des évolutions :
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Sur les niveaux de sévérité des essais. Car, en France, en 1998, nous nous sommes basés sur une édition de la R51 datant de 1996. Or, l’édition R51/2006, par exemple, va beaucoup plus loin dans les essais de perturbations (champs électromagnétiques rayonnés, champs électromagnétiques conduits,…)
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Sur les examens de logiciels, davantage orientés pour l’instant vers les parties de logiciels propres aux mesures (et à caractère légal), avec une évolution probable vers les parties de traitement des données, en vue d’assurer la conformité des lots aux textes sur les pré-emballages.
En résumé il n’y a pas de modification des tolérances, mais une évaluation des performances plus rigoureuse au regard des tolérances.