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Emballages

« Il va falloir admettre que certains emballages en plastique ne sont pas justifiés »

Auteur du livre « La Révolution de l’Emballage », Fabrice Peltier, designer et consultant, prépare déjà le second volet de cette analyse. Qui fera la part belle à trois grands enjeux : la clarification de la fin de vie des biosourcés, la véritable utilité des plastiques à usage unique et le réemploi. Interview.
  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Karine Ermenier
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Intitulé « L’émergence de nouvelles solutions », la première partie de votre Révolution de l’Emballage dresse l’étendue des pistes d’éco-conception qui sont déjà disponibles ou qui se profilent sur le marché. Face à toutes ces options, comment faire un choix ?

On m’appelle souvent pour me demander quel est l’emballage idéal. Je réponds qu’il ne faut pas se focaliser sur l’emballage mais sur le couple contenant/contenu, sur toute la chaîne. Cela ne sert à rien, par exemple, de copier son concurrent en matière d’éco-conception car ses contraintes de production, de transport, de distribution sont peut-être différentes. Et auront un impact sur la conception de l’emballage qu’on vend en palettes ou pas, qu’on exporte ou pas, etc. La seule façon de procéder est d’appliquer une méthode d’éco-conception pour chaque application, Genepack par exemple, en faisant un streaming complet sur toute la chaîne pour éviter les transferts d’impact.

Au risque, peut-être, de choisir une option dont l’Analyse de Cycle de Vie (ACV) soit moins favorable ?

Sur ce point, ma philosophie est claire : il faut se détendre sur la question du carbone dans l’emballage ! Dans la plupart des produits alimentaires, exception faite des liquides, l’impact carbone du contenant représente 5 à 8 %. Vouloir réduire l’impact carbone de l’emballage c’est travailler sur l’épaisseur du trait. Il ne faut pas s’arrêter à un seul indicateur. Et se dire aussi que, s’ils sont moins disant que le plastique, qui est plus léger, les matériaux alternatifs sont nouveaux et pas encore optimisés. On a 10 à 15 ans de recul sur les plastiques. Il y a quelques années, les bouteilles d’eau pesaient trois fois plus lourd qu’aujourd’hui. Il n’est pas incongru de penser que les matériaux renouvelables réduiront leur impact dans les années à venir.

Avec la fin annoncée des ressources fossiles, ces matériaux alternatifs listés dans votre livre (à base d’algues, de co-produits de l’agriculture ou de l’agroalimentaire, intégrant de la craie, etc.) sont pour vous de vraies pistes d’avenir. Mais pas avec le compostage ou la biodégradation comme fin de vie. Pourquoi ?