Bactérie anti-inflammatoire : un probiotique potentiel
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- Auteur : Pierre Christen
tout pour faire un bon probiotique
Le constat est double : « L’administration de F. prausnitzii ou des molécules qu’elle sécrète réduit l’inflammation intestinale et améliore nettement la survie des souris, explique Philippe Langella, directeur adjoint de l’unité de recherche Ecologie et physiologie du système Digestif à l’Inra Jouy-en-Josas. Cette bactérie a donc tout pour faire un bon probiotique. D’autant que les effets sont bénéfiques quel que soit le mode d’introduction, par injection directe dans le système digestif, mais aussi par voie orale. Ce qui ouvre différentes perspectives. « Le plus immédiat serait d’utiliser la bactérie directement, déclare Philippe Langella. Il y a toutefois deux verrous, l’un technique, l’autre réglementaire ». Le frein technique provient du caractère anaérobie strict de la bactérie. Cela demande d’être capable de la produire et de l’utiliser au niveau industriel sans présence d’oxygène. « Nous y arrivons au laboratoire, je pense que si l’enjeu le justifie, cela peut se mettre en place au niveau industriel », commente Philippe Langella. Reste le verrou législatif. L’ajout d’une bactérie issue du tractus digestif dans un aliment (un lait fermenté, par exemple) relève du règlement Novel Food. Ce qui demande d’engager une procédure d’évaluation pour réussir à exploiter la bactérie. Un second aspect plus prospectif est aussi envisageable. « Nous avons une idée de la localisation du principe actif, qui est présent dans le surnageant après centrifugation, déclare Philipe Langella. Nous allons lancer des recherches pour identifier ce principe actif. Nous sortons du domaine d’application alimentaire pour entrer dans celui du pharmaceutique ». Une perspective plus lointaine…
des perspectives médicales
L’application se limiterait-elle aux inflammations intestinales ? Suite à la publication de ces travaux dans PNAS online early edition, de nouvelles collaborations sont enclenchées. « Des laboratoires vont collaborer avec nous pour évaluer si les capacités anti-inflammatoires de la bactéries sont efficaces sur d’autres modèles, comme par exemple les maladies articulaires inflammatoires », indique Philippe Langella. De nouvelles pistes d’application sont donc en perspective.