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"Education alimentaire : les industriels ont un rôle à jouer"

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  • Auteur : Pierre Christen

GerardBoivin
Professeur associé au CNAM, l’industriel Gérard Boivin lance un MOOC (Massive Open Online Course) intitulé « Défi Santé : vos aliments »

Gérard Boivin s’est consacré à un projet de MOOC (Massive Open Online Course), en sa qualité de professeur associé au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers). Et c’est à ce titre d’enseignant que nous l’avons interrogé en amont de cette formation en ligne ouverte à tous, qui démarre le 30 mars ( pour s’inscrire, cliquez ici ). Gérard Boivin est également président du conseil de surveillance de la holding de Bel et président de la commission Alimentation-Santé de l’Ania.

« Pourquoi vous engagez-vous sur le terrain éducationnel avec le MOOC Défi Santé : vos aliments » ?

Le déséquilibre alimentaire est la première cause de maladies chroniques, de vieillissement plus rapide, de mortalité précoce et d’un emballement des dépenses de santé. Ceci devient inacceptable. A l’inverse, l’équilibre alimentaire est le principal facteur de bonne santé. La manière la plus efficace pour améliorer cette situation est l’éducation de masse. Faire un MOOC permet d’une part un rebrassage des inégalités, et d’autre part une relation d’enseignant à une collectivité apprenante et pas d’enseignant à enseigné. En tant qu’industriel, j’ai la conviction que les industriels ont un rôle à jouer en matière d’éducation alimentaire. Si on ne le fait pas, on le paiera un jour.

Cette formation se place à l’interface de trois matières : l’économie, la santé et l’alimentation, qui sont rarement réunies…

Oui, en effet, car chacune de ces matières demande des compétences très différentes. Il y a beaucoup de cours de nutrition-santé, mais c’est une vision trop restrictive, qui oublie l’économie de l’alimentation et le fait que le prix et le plaisir sont les facteurs de choix principaux d’un aliment, devant la santé. Et qui oublie aussi que l’on ne mange pas des nutriments, mais des aliments.

Cette vision restrictive est trop présente ?

Oui, il y a trop de contre-vérités qui circulent. Il y a trente ans aux Etats-Unis, les nutritionnistes américains pointaient l’apport en lipides comme cause première de la montée de l’obésité. Dès lors, l’accent a été mis sur la diminution des apports en gras. Résultat, les Américains ont encore plus grossi ! J’entendais récemment un nutritionniste indiquer qu’un steak haché ne contenait que 50 % de viande. Mais si des protéines de soja ont été ajoutées, c’est pour une question de prix, car c’est un facteur de choix. On ne peut pas traiter le problème de la nutrition-santé en faisant abstraction des considérations économiques.

Si l’on prend l’exemple des acides gras saturés, dans le cas du lait, il faut prendre en compte que mélangés avec du calcium, leur effet sur la santé n’est pas celui que l’on pourrait croire. Parler seulement de nutrition est donc une erreur, il faut parler des aliments et des synergies qui peuvent exister entre les nutriments. On pourrait multiplier les exemples. Ce qui est sûr c’est que les consommateurs sont perdus. Ces erreurs scientifiques et économiques débouchent sur un traitement médiatique qui ne signifie pas grand chose. Cette situation me révolte et m’a conduit à réaliser ce MOOC.

>> Retrouvez la version complète de cette interview dans notre numéro d’avril 2015 (sortie le 10 avril).

LANTECH
Lantech a mis au point un système unique permettant de remplir automatiquement le magasin de la formeuse de caisses. Les flans sont prélevés et placés dans le magasin quelle que soit leur configuration. Les sangles sont retirées. Aucune exigence particulière n’est requise en matière de palettes et aucune intervention humaine n’est nécessaire. Lantech@Interpack, hall 13, stand C47, du 7 au 13 mai.