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L’accord commercial UE-USA ne rassure pas l’agroalimentaire français

Annoncé le 27 juillet, l’accord entre l’Union européenne et les États-Unis évite une escalade des droits de douane. Cependant, la taxe de 15 % prévue sur les produits européens a dû mal à passer chez les industriels de l’Hexagone.
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  • Auteur : Amélie Dereuder
Van der Leyen et Trump
Le 27 juillet 2025, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président américain Donald Trump se sont félicités d’être parvenus à un accord sur les droits de douane et le commerce. Ces derniers mois ont été marqués par un surenchérissement sur les taxes entre les États-Unis et l’Union européenne. Les deux parties se sont entendues sur un taux de douane de 15 % envers les produits européens et l’arrivée d’exportations supplémentaires vers le vieux continent de colin d’Alaska, de saumon du Pacifique, de crevettes, d’huile de soja, de céréales, de fruits à coques, de ketchup, de cacao et de biscuits.

Apporter de la visibilité

«  Grâce à cet accord, nous garantissons davantage de prévisibilité à nos entreprises. En cette période mouvementée, nos entreprises ont besoin de cela pour pouvoir planifier et investir. Nous garantissons également un allègement tarifaire immédiat. Cela aura une incidence manifeste sur les résultats nets de nos entreprises. Et grâce à cet accord, nous sécurisons l’accès à notre plus grand marché d’exportation. Parallèlement, nous améliorerons l’accès aux produits américains. Cela sera bénéfique pour les consommateurs européens et permettra à nos entreprises d’être plus compétitives  », décrit la présidente de la Commission européenne.

En réalité, cette annonce ne rassure que partiellement l’agroalimentaire français. La Fédération Nationale des Industries Laitières (Fnil) concède que cet accord apporte de la visibilité et écarte le danger immédiat d’une guerre commerciale, en évitant des tarifs douaniers auparavant annoncés à 30 %. Mais elle regrette le déséquilibre au détriment des acteurs européens. «  Cet accord était nécessaire pour éviter un scénario catastrophe pour les exportateurs français de produits laitiers. Mais il ne peut être considéré comme une victoire. Nous restons face à une réalité économique pénalisante : des droits de douane plus élevés qu’avant, un dollar fort, et des incertitudes encore trop nombreuses. Nous appelons les autorités françaises et européennes à défendre activement les intérêts de la filière dans les discussions à venir  », déclare François-Xavier Huard, p-dg de la Fnil.

Un accord à sens unique

Pour sa part, Jean-François Loiseau, président de l’Ania (Association nationale des industries alimentaires) déplore aussi un accord à sens unique. «  L’industrie agroalimentaire française ne peut se satisfaire de cet accord. Si la négociation en reste là, cette décision ne fera que des perdants des deux côtés de l’Atlantique. Nous attendons de la Commission européenne qu’elle continue la négociation pour l’agroalimentaire en obtenant une exemption. Enfin, nous souhaitons d’ores et déjà qu’on tire les conséquences désastreuses de cet accord s’il en restait là sur l’avenir des filières et plus généralement sur la compétitivité de nos entreprises . »

En effet, l’accord annoncé n’est pas juridiquement contraignant et les négociations se poursuivent pour faciliter les exportations vers les États-Unis. L’association Pact'Alim demande ainsi la mise en place d’accords zéro droit de douanes pour les exportations comme pour les importations pour le plus grand nombre de filières agroalimentaires, ainsi que le maintien du niveau des normes sanitaires et environnementales européennes. Elle insiste : «  ce contexte est un rappel de la nécessité de réarmer le tissu industriel de la transformation alimentaire, et en particulier des PME & ETI. Tout événement amenant à une baisse de leur compétitivité participe, de manière directe, à un affaiblissement de nos capacités de production et de transformation des matières premières agricoles, et donc de notre souveraineté alimentaire  ».  

Pour rappel, les États-Unis représentent 7 % des exportations agroalimentaires françaises (2 e  pays parmi les pays tiers, derrière le Royaume-Uni) et pouvant aller jusqu’à 60 % du chiffre d’affaires export pour certaines PME françaises.

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