Vie des IAA

L'aval se mobilise en faveur de la filière porcine

14 février 2022 - Marjolaine Cérou

Face à une crise historique, le Gouvernement a annoncé fin janvier un plan de sauvetage de la filière porcine doté de 270 M€. En complément, Bordeau Chesnel, Kermené et d'autres acteurs de la filière manifestent leur solidarité.

La filière porcine fait face à une crise historique : le prix payé au producteur a diminué de 14 % sur un an pour une exploitation moyenne alors que les charges ont augmenté de 27 %. D’après l’interprofession Inaporc, la filière en est à 440 millions de pertes sur un an. Les mesures prises à l’automne s’étant révélées insuffisantes, le Gouvernement a annoncé fin janvier un plan de sauvetage de la filière porcine doté de 270 M€.
Cette aide se répartit de la façon suivante :
- Une aide d’urgence jusqu’à 75 M€, sous la forme d’un chèque « ciseau de prix porcin » d’un montant de 15 000€ pour les exploitations porcines en fortes difficultés de trésorerie;
- Une aide de structuration, adossée à un engagement de contractualisation dans le cadre d’Egalim2, d’un montant maximum de 175 M€, pour compléter la compensation des pertes des exploitations porcines, selon des critères et des modalités qui devront être précisés en concertation avec les professionnels;
- Un abondement des dispositifs de droit commun de prise en charge des cotisations MSA jusqu’à 20 M€.

30 % des éleveurs porcins menacés de disparaître

 «Si nous ne faisons rien, au moins 30 % de nos éleveurs porcins sont menacés de disparaître. […] Si l’État prend sa part, chaque maillon de la chaîne doit aussi prendre la sienne. J’en appelle donc à la solidarité de toute la filière, aussi bien aux transformateurs et distributeurs pour qu’ils appliquent la loi Egalim2, notamment s’agissant du choix des indicateurs pertinents à chaque maillon, et qu’ils rémunèrent et valorisent nos productions, mais aussi aux banques pour qu’elles fassent des efforts vis-à-vis des producteurs porcins », a déclaré le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Julien Denormandie.

Une décision saluée par Inaporc. « C’est une bulle d’oxygène », déclare Thierry Meyer, son président. L’interprofession soulève toutefois que ce soutien financier ne suffira pas. « En France, un éleveur perd aujourd’hui entre 25 et 30 euros sur chacun de ses porcs vendus. C’est pourquoi l’accord signé entre le ministre de l’Agriculture et le Président d’Inaporc prévoit également un plan d’action conjoint entre les pouvoirs publics et la profession », indique l’interprofession, qui réitère son appel à la solidarité citoyenne en invitant les consommateurs à soutenir les éleveurs en achetant du porc français, identifiable en rayons grâce au logo « Le Porc Français ».

Des soutiens de la Fict, Bordeau Chesnel et Kermené

La Fédération des Entreprises Françaises de Charcuterie Traiteur (Fict) a également affiché son soutien à la filière porcine française. « 75 % de la production porcine française est transformée en charcuterie. Il est ainsi essentiel que les entreprises françaises puissent compter demain sur une production porcine nationale forte pour pouvoir répondre aux attentes des consommateurs souhaitant des produits de charcuterie fabriqués en France et utilisant de la matière première française », indique la Fict. La fédération s’engage ainsi à renforcer significativement ses approvisionnements en viandes issues de porcs français.

Bordeau Chesnel (Savencia) affiche également son engagement. « Au-delà de l’origine française, nous nous engageons auprès des éleveurs de porcs, en développant des partenariats directs, leur garantissant :
-un prix minimum pour gommer les effets des fortes fluctuations du cours du porc ;
- une meilleure rémunération avec une plus-value complémentaire au cours cadran,
et ainsi contribuer à leur donner une meilleure visibilité. Aujourd’hui, ce mécanisme de rémunération permet le versement aux éleveurs d’un prix supérieur au cours, et encore supérieur pour les éleveurs aux modèles d’exploitation les plus vertueux », indique l’entreprise.

L'outil d’abattage et de transformation Kermené de E.Leclerc, basé dans les Côtes d’Armor (22), a annoncé le versement de 5 euros supplémentaires pour chaque cochon acheté, et ce pour une période de 2 mois minimum. « Ce qui représente un montant d’1,6 M€ versés aux éleveurs bretons partenaires de Kermené. C’est un acte fort et engageant. Et surtout un geste de solidarité et de cohésion pour la filière, dont nous faisons partie », déclare Alex Joannis, directeur de Kermené. A la demande des adhérents E.Leclerc, Kermené réitère également son engagement d’acheter un porc 100 % français.

 

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