Dans le cadre de son plan de résilience, le gouvernement a appelé à la réouverture des négociations commerciales. Une réunion s’est tenue le vendredi 18 mars pour en fixer les modalités. Crédit : Adobe Stock

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Les conditions de réouverture des négociations commerciales

21 mars 2022 - Marjolaine Cérou

Dans le cadre de son plan de résilience, le gouvernement a appelé à la réouverture des négociations commerciales. Une réunion s’est tenue le vendredi 18 mars 2022 pour en fixer les modalités.

Clôturées début mars dans un climat de forte tension, les négociations commerciales vont être à nouveau ouvertes. C’est ce qu’a demandé le gouvernement dans le cadre de son plan de résilience du 16 mars dernier. Cette décision fait suite au conflit russo-ukrainien qui a accéléré la tendance inflationniste subie par les acteurs du secteur alimentaire depuis maintenant plusieurs mois. L’objectif : amortir l’impact de ces hausses de prix sans précédent. Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, la ministre déléguée chargée de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, et le ministre délégué chargé du Tourisme, des Français de l’étranger, de la Francophonie et des Petites et Moyennes Entreprises, Jean-Baptiste Lemoyne, se sont entretenus le vendredi 18 mars 2022 avec les syndicats agricoles, les représentants de la filière agroalimentaire (Ania, Ilec, Coopération Agricole, Feef, Adepale et les industries de la viande), ainsi que les grandes enseignes et leurs fédérations (FCA et FCD). A la suite de cette réunion, les ministres ont appelé les entreprises du secteur et les distributeurs à revoir le contenu des contrats « en s’appuyant sur les clauses de renégociations prévues dans la loi Egalim2 et à faire preuve de bon sens et de pragmatisme ».

« Ces nouvelles négociations doivent se faire sur la base de la transparence. Elles portent à la fois sur les produits à marque propre et sur les MDD », indique le cabinet du ministère, qui précise qu’une très forte pression a été mise sur les distributeurs pour rouvrir les négociations. « Chacun doit faire des efforts pour que ces circonstances exceptionnelles soient prises en compte dans les contrats », indique le Ministère.

Une réunion de suivi hebdomadaire

En pratique, les négociations commerciales sont ouvertes pour un mois, tel que fixé par la clause de révision. Une réunion de suivi aura lieu chaque semaine avec une charte d’engagement mutuel. « Un moratoire sur les pénalités logistiques pourra être envisagé », précise le Ministère.

Pour rappel, le conflit qui se joue en ce moment entre la Russie et l’Ukraine a déjà de lourds impacts en termes d’approvisionnements sur les matières premières dont les prix connaissent une réelle flambée (+ 36 % pour le blé, +30 % pour le maïs, + 46 % pour le tournesol). Les prix du gaz ont quant à eux augmenté de 90 %. « Dans ce contexte de guerre, la préservation de notre souveraineté alimentaire est vitale pour notre pays. Le secteur agroalimentaire et ses 15 000 entreprises ne peuvent pas être, une nouvelle fois, la variable d’ajustement entre la filière agricole - qui doit pouvoir également répercuter les hausses de coûts qu’elle subit - et une grande distribution qui continuerait un jeu dangereux de guerre des prix pour ne pas perdre des parts de marché. La chaîne alimentaire tiendra pour nourrir les Français. Pour cela, il est impératif que tous les acteurs de la filière se montrent solidaires et responsables dans l’action et pas seulement avec de belles paroles », a déclaré Jean-Philippe André, le président de l’Ania.

 

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