CNE : le fer de lance du « juste emballage » fête ses 25 ans

21 juin 2022 - Marion DESPOUYS

Le Conseil national de l’emballage (CNE) fêtera ses 25 ans d’existence le 28 juin. L’occasion de faire un point avec son délégué général Bruno Siri sur les missions de ce think tank dédié au « juste emballage » et sur les axes de travail à venir. 

Rappelez-nous la mission du Conseil national de l’emballage (CNE) ?

Nous sommes un think tank, avec un statut d’association loi 1901, et une autorité morale qui œuvre depuis 25 ans au bénéfice du « juste emballage », notamment par la rédaction et la diffusion de bonnes pratiques de conception, de distribution, d’usage et de fin vie de l’emballage.

En termes d’activités, nous sommes à 90 % sur la partie éco-conception des produits emballés, c’est-à-dire « comment faire mieux avec moins ». Et nous sommes à 10 % sur la vertu sociale de l’emballage. 

Nous fonctionnons sous forme de groupes de travail grâce au bénévolat de nos adhérents, qui rassemblent toute la chaîne d’acteurs et de valeur du couple produit-emballage : matériaux, emballages, marques, éco-organismes, fédérations de recyclage, designers, fabricants de machines, laboratoires d’analyse, acteurs de l’événementiel, ONG pour la protection consommateur et de l’environnement, etc.

Quel était l’enjeu au moment de la création du CNE ? 

Le CNE a été créé en 1997, c’est-à-dire très peu de temps après la mise en place de la directive européenne 94/62 sur l’emballage, en 1994. C’est la directive fondatrice du « juste emballage ». Elle est venue justifier que tout emballage a une importance et des fonctionnalités, mais qu’il faut le réduire au juste besoin sans perdre le produit, ni l’acceptabilité consommateur. Le CNE a été créé pour accompagner la mise en place de la directive, mettre tout le monde autour de la table pour assurer par des bonnes pratiques la prévention par réduction à la source en poids et/ou le volume des emballages ménagers ou industriels.

Comment se traduit cet accompagnement ?

Nous publions régulièrement des documents pour informer les acteurs et le public. Nos guides sont là pour mettre de la rationalité et des faits dans les débats un peu houleux. Nous aurons toujours besoin de l’emballage. 
En 2000, nous avons publié un premier guide d’éco-conception des produits emballés, qui a été revisité au fil du temps. La dernière mise à jour date de 2018. 

Entre temps, de nouvelles lois et directives européennes sont entrées en vigueur. Au-delà de l’éco-conception, depuis une dizaine d’années, les services marketing des marques ont envie de communiquer. En conséquence, nous avons publié en 2013 un guide rédactionnel des allégations environnementales relatives à l’emballage. 

« Nous mettons de la rationalité et des faits dans les débats un peu houleux »

En parallèle, nous avons créé un comité d’experts d’allégations environnementales. Nous discutons de ce que l’on rencontre dans les rayons notamment alimentaires, ou dans les publicités. Nous émettons des avis en amont de la commercialisation, pour les marques qui nous sollicitent. En aval, si le produit emballé est déjà sur le marché, nous envoyons un courrier au metteur en marché si les allégations sont erronées. Nous nous attachons aux faits. Les faits et la rationalité, c’est ce qui fait notre force. Dans 80 % des cas, nos avis sont pris en compte. 

Nous avons également créé le concours « Emballé 5.0 », en 2010. Tourné vers l’innovation, il permet d’établir des ponts entre le monde universitaire, les écoles et monde industriel qui cherche des ingénieurs et des techniciens. Notre prochaine édition se tiendra en février 2023.

Quels seront vos prochains axes de travail sur les emballages ?

Nous allons publier prochainement un document d’investigation sur les emballages et le compostage. L’idée étant qu’avant de penser au compostage, il est nécessaire qu’aucun emballage ne se retrouve dans la nature. Certains pays arrivent à éviter les déchets abandonnés, pourquoi pas nous ? Il faut encourager le tri tous azimuts. Le tri chez soi et en dehors de chez soi. Les enjeux forts du moment sont le tri, la collecte, le recyclage et l’usage des matières premières recyclées, les composantes de l’économie circulaire. 

Quelles sont perspectives pour les années à venir ?

Il faut intégrer la législation 3R qui fonctionne sous forme de décrets quinquennaux, ce qui va nous conduire jusqu’à 2040. Avec l’obligation d’intégrer des matières recyclées dans les emballages, d’accélérer le réemploi, etc. Il faut faire preuve d’innovation. Pour que tous les emballages soient recyclables. Et qu’aucun emballage ne se perde dans la nature. 

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