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Décarbonation 

DS Smith injecte 90 millions d’euros pour une chaudière biomasse flambant neuve

Après une première pierre posée en novembre 2023, DS Smith a inauguré en juin dernier une chaudière à biomasse dans la papeterie de Rouen (76), acquise en 2019. Avec ce nouvel équipement, le cartonnier britannique réduit sa dépendance aux énergies fossiles et continue sa stratégie axée sur la circularité du papier.
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  • Auteur : Hugo Marc
En passant d'une chaudièrme charbon à une chaudière biomasse, DS Smith estime pouvoir réduire sa consommation de CO2 de 99 000 tonnes par an.

« Cette chaudière à biomasse illustre l’intégration des principes de l’économie circulaire dans la transition énergétique, avec ici la revalorisation des déchets issus du bois » , déclare Emilie Machefaux, responsable du Département de la chaleur renouvelable à l’Ademe (Agence de la transition écologique). Après neuf années de planification collaborative entre DS Smith, les autorités françaises et les partenaires industriels, le passage d’une chaudière charbon à une chaudière biomasse est maintenant réalisé dans la papeterie de Saint-Étienne-du-Rouvray, au sud de Rouen. L’investissement économique suffit à traduire l’importance du projet axé sur la transition énergétique : 90 millions d’euros ont été mis sur la table, dont 15 millions subventionnés par l’Ademe. 

Une subvention de 15 millions d’euros par l’Ademe 

Pour le cartonnier britannique, en plus des efforts long terme comme l’électrification et l’hydrogène, la biomasse est une solution efficace pour « s’aligner avec nos objectifs verts, qui sont la réduction de 46 % des émissions de gaz à effet de serre sur les scopes 1, 2 et 3, ainsi que l’atteinte du “zéro émission net”, d’ici 2050 », annonce Pierre Jegu, directeur du cluster papier de DS Smith.

D’une hauteur de 35 mètres, la chaudière contribuera à la réduction de 99 000 tonnes de CO 2 par an, sur un site où la spécialité historique réside dans la production de papier pour ondulés, issus de papier et carton à recycler (PCR). 

La biomasse utilisée par le cartonnier est composée d’un mélange de 70 % de bois souillé , notamment issu des déchets de construction et de mobilier des régions parisiennes et normandes, ainsi que de 30 % de co-produits provenant directement de la papeterie de Rouen.

Valoriser jusqu’à 70 000 tonnes de bois 

Selon les estimations du papetier, cette approche circulaire contribuera à valoriser jusqu’à 70 000 tonnes de déchets de bois habituellement mis en décharge. Au-delà de l’objectif de décarbonation, ce projet s’inscrit donc dans l’objectif de DS Smith d’arriver à zéro déchet relargué en décharge , d’ici 2030. 

Fournie par Valmet, la chaudière de 56 MW fournira 80 % de la vapeur à un site produisant 280 000 tonnes de papiers par an, soit la quatrième unité française du groupe en capacité de production. L’équipement sera complété de trois chaudières fonctionnant au biogaz, qui fourniront de la vapeur instantanée pour compenser le plus faible pourvoir calorifique du bois. 

Produire de l’électricité avec une turbine à vapeur 

Engie solutions sera en charge de superviser l’exploitation de la chaudière, avec l’objectif à terme d’intégrer une turbine à vapeur capable de générer 10 MW d’électricité pour le site de production. « Ce projet démontre l’adaptabilité de la biomasse en tant que composant clé du mix énergétique local. En fonctionnant ensemble, nous accroissons le potentiel des énergies renouvelables pour décarboner les opérations industrielles », explique Frank Lacroix, vice-président exécutif en charge des infrastructures énergétiques locales. 

Aligné avec la loi sur les industries vertes, qui vise l’autosuffisance énergétique à travers les énergies renouvelables, « ce projet de biomasse met en évidence le rôle essentiel des partenariats public-privé dans la transition vers une économie circulaire et à faibles émissions carbone. L’infrastructure de la France réduit les risques pour des investissements comme celui-ci, et notre partenariat montre comment l’infrastructure stratégique et les politiques peuvent permettre la décarbonation à grande échelle. Nous espérons voir des initiatives similaires dans d’autres marchés où nous opérons » , déclare, avec conviction, Pierre Jegu. 

16 cartonneries françaises vont mesurer leur impact carbone 

À l'heure où nous écrivons ces lignes, le cartonnier britannique vient d’annoncer un programme de décarbonation qui concerne ses 16 cartonneries françaises. D’ici la fin d’année, l’empreinte carbone de l’ensemble des sites sera mesurée par l’association Be-low à travers la méthodologie, maintenant bien connue, du Bilan Carbone. Objectif : identifier les leviers de réduction pour s’aligner sur les engagements d’une diminution de 46 % des rejets carbone, d’ici 2030 et le « Net Zero » en 2050. 

LANTECH
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