Emballages

Interdiction surprise des emballages en plastique : Elipso tire la sonnette d’alarme

10 décembre 2019 - Karine Ermenier

Coup de tonnerre à l'Assemblée nationale. Les députés ont voté à la majorité le 9 décembre un amendement visant à tendre vers la fin de la mise sur le marché d’emballages en plastique à usage unique d’ici 2040. Elipso, association professionnelle représentant les fabricants d’emballages plastiques, clame son incompréhension.

Au premier jour d’examen du texte de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (lire : Emballages, ce que la loi sur l'économie circulaire pourrait changer), l’Assemblée nationale a voté un amendement donnant à la France « un objectif de tendre vers la fin de la mise sur le marché d’emballages en plastique à usage unique d’ici 2040 ». L’article n’apporte, dans l’immédiat, aucune précision quant à la définition même de « l’emballage à usage unique ». S’il s’agit de tous les emballages en plastique, non réutilisables, alors la portée de ce texte est tout bonnement colossale ! C’est ce qu’a semblé indiquer Brune Poirson dans un tweet ce matin dans lequel elle invoque « un nouveau projet de société du tout réutilisable. Cet amendement voté hier signifie que les plastiques jetables vont disparaître pour être remplacés par quelque chose de plus durable. C’est donc l’interdiction des bouteilles de shampoing, des tubes de dentifrice, des films de palettisation. Ils s’ajoutent aux gobelets, aux couverts en plastique qui sont déjà interdits. Mais aussi aux boîtes en polystyrène expansé des kebabs. »

Elipso, association professionnelle représentant les fabricants d’emballages plastiques (rigides et souples) en France, n’a pas tardé à réagir. «Cette trajectoire de suppression totale des emballages en plastique est contraire aux travaux engagés depuis deux ans dans le cadre de la Feuille de Route sur l'Économie Circulaire (FREC) par tous les acteurs de la chaîne et en concertation avec le gouvernement et les services du Ministère de la transition écologique. Cette prise de position s’oppose à l’esprit même de la loi qui ambitionne de développer une économie circulaire », dénonce Emmanuel Guichard, délégué général d’Elipso. «Cette interdiction irréaliste néglige les conséquences pour les 38 000 collaborateurs du secteur de l’emballage plastique. Un tel bouleversement ne peut être pris à la va-vite, sans études d’impact environnemental ni économique ! », s’inquiète Françoise Andres, présidente d’Elipso.

Une mesure radicale jamais discutée lors du parcours législatif

Alors même que tous les travaux menés par le Ministère ces deux dernières années portaient prioritairement sur la recyclabilité des plastiques et l’intégration de recyclés – en témoigne le Pacte National sur les Emballages plastiques signé en février 2019 -, cette décision tardive de supprimer purement et simplement les emballages en plastique (ce qui comprend également les briques en carton qui contiennent du plastique !) prend tout le monde par surprise. Nul doute que son objectif est avant tout politique. Car, une fois le débat sur la consigne (presque) écarté, que restait-il de marquant pour les esprits et l’opinion dans ce texte ? Une somme de mesures – dont la portée est loin d’être négligeable - mais que certains députés, dans les rangs de la majorité notamment, jugeaient trop discrètes. Pour sûr, en annonçant la fin de l’emballage plastique pour 2040, la loi prend une toute autre dimension ! Et le débat une toute autre tournure... Fini les objectifs d'intégration de matière recyclée ? Enterrée définitivement la consigne ? Comment rendre un film de palettisation réutilisable ? Les questions n'ont pas fini de fuser. Sans compter qu'il reste encore dix jours d'examen de ce texte à l'Assemblée ...

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