Crise porcine : les propositions de la Cooperl

La rencontre entre Patrice Drillet, président de la Cooperl, accompagné de Philippe Mangin, président de Coop de France, avec Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, a permis à la coopérative bretonne de remettre un dossier économique présentant la réalité de la dégradation de ses marges provoquée par l’application du prix de 1,4 €/kg fixé par le gouvernement suite à la table-ronde de juin 2015 et appliqué depuis le début de l’été. Un prix que la Cooperl qualifie de « politique » pour marquer sa déconnexion de la réalité économique.

Un prix déconnecté de la réalité économique européenne

La Cooperl a montré au ministre la dégradation de ses indicateurs économiques suite à la mise en place du prix de 1,4 €/kg, notamment du fait du décalage vis-à-vis du cours allemand (1,1 €/kg). La coopérative indique que si les hausses de prix ont bien été répercutées au rayon boucherie en grande distribution, ce n’est pas le cas sur les autres circuits. Elle rappelle que 35 % de ses volumes sont exportés. Or les prix actuels sont très significativement plus élevés que ceux des concurrents du transformateur breton. « Comment imaginer conserver nos marchés avec un prix de revient déconnecté de celui de nos concurrents européens ? », s’interroge la coopérative, affirmant que la situation met en péril son existence même, ses 2700 agriculteurs adhérents et ses 5000 salariés.

La coopérative justifie donc la suspension de sa participation aux cotations du marché du porc breton de Plérin dans les Côtes d’Armor par la volonté de « tirer la sonnette d’alarme ». Un marché du cadran, qui a d’ailleurs repris ce matin, atteignant un cours très proche des 1.4€/kg.

5 mesures urgentes pour redresser la filière

Suite à ce constat, la Cooperl a remis au ministre une proposition de mesures à prendre afin de contribuer au redressement de la filière :

- une aide européenne d’urgence, justifiée par l’embargo russe,

- une ordonnance gouvernementale rendant obligatoire immédiatement l’étiquetage de l’origine des viandes dans les produits transformés,

- un allègement sectoriel des charges du travail afin de contrer le dumping social allemand,

- une compensation fiscale allouée aux agriculteurs, en réponse à la TVA forfaitaire accordée aux producteurs allemands,

- un allègement de la réglementation française, en l’alignant sur le niveau européen, en matière d’installations classées afin de faciliter la modernisation des élevages.

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