Baromètre de consommation des produits bio : reprise en vue
L’Agence Bio a publié son baromètre sur la consommation 2025 et se réjouit que les ventes de produits bio repartent à la hausse. Toutefois, la filière montre des signes de faiblesses et risque une nouvelle fragilisation.
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Auteur : Amélie Dereuder
À l’occasion du Salon de l’agriculture, l’Agence Bio a présenté son dernier baromètre de perception des produits biologiques en France, en partenariat avec Obsoco. Pour cette 23e édition, plus de 6000 personnes ont été interrogées entre octobre et novembre 2025.
Après plusieurs années de stagnation, la consommation repart à la hausse, avec une croissance de la consommation de produits bio à domicile de l’ordre de 3 à 4% en 2025. 59 % des Français déclarent consommer des produits biologiques au moins une fois par mois, soit 5 points de plus entre 2024 et 2025. La consommation hebdomadaire passe quant à elle de 30% à 35%. Cette hausse concerne toutes les catégories de population, sans lien avec l’âge, le niveau de vie ou le profil socioculturel, ce que l’Agence Bio traduit comme un décloisonnement des produits bios. En termes de catégories, les fruits et légumes tirent la croissance, suivis par les œufs et les produits d’épicerie, la viande et la volaille, tandis que les produits laitiers et les boissons sont en retrait.
Des raisons économiques
Plusieurs raisons sont évoquées pour expliquer cette reprise. Tout d’abord, 36% des Français déclarent moins restreindre leurs dépenses alimentaires pour des raisons économiques (- 3points), sachant que le prix est le premier frein à l’achat de produits bio. D’autre part, 36% des répondants associent le «bien manger» à une alimentation qui ne porte pas atteinte à la santé (+ 7points). D’autre part, les ventes repartent à la hausse dans tous les circuits. En grande distribution, qui a connu une baisse de 13 % entre 2021 et 2024, la situation s’améliore avec une augmentation de 2 % en valeur. Les magasins bio bénéficient d’une croissance de 6,6% et la vente directe de 5,2%. Seuls les magasins dits discount maintiennent leur baisse de ventes bio, notamment par le biais d’une poursuite des déréférencements.
Une situation qui reste fragile
Si les consommateurs ont tendance à revenir au rendez-vous sur la consommation à domicile, la situation est fragile. Pour la première fois, le nombre de producteurs engagés recule (- 0,6%), de même que le nombre d’opérateurs de l’aval (- 2,1%), au risque de déstabiliser encore plus la filière française en bio. « Le rôle de l’Agence Bio reste plus que jamais essentiel pour structurer durablement l’adéquation entre l’offre et la demande, au service de la pérennité des filières biologiques », prévient Bruno Martel, président de l’Agence Bio. Un vœu pieux puisque l’association est de plus en plus menacée par un démantèlement. Elle a perdu son stand au Salon de l’agriculture, une procédure est en cours pour licencier sa directrice et le Synadis Bio a quitté l’organisation en début d’année.