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Procédés

Des frigoristes moins frileux sur l'efficacité

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  • Modifié :
  • Auteur : Isabelle Dulau

Le Pôle Cristal, centre technique du froid et de la climatisation, a consacré une partie de son colloque scientifique annuel au froid en agroalimentaire. Au programme, l'impact énergétique de la régulation et des cas concrets d'alternatives au HCFC.

Le froid représente deux enjeux majeurs pour l'agroalimentaire : la réduction des consommations d'énergie d'un côté, le remplacement des fluides HCFC pour 2014 et une réflexion sur l'utilisation des HFC dont la pérennité est hypothétique de l'autre. Dans les deux cas, pas de solution universelle et des investissements plus ou moins conséquents. En Bretagne, la production agroalimentaire est en frais et ultrafrais pour 78%, et en congelée ou surgelée pour 15% selon Joëlle Salaün de l'Observatoire économique des industries agroalimentaires de Bretagne. Pour ces entreprises, le froid pèse de 25 à 45% de la facture d'électricité.

Le potentiel de la basse pression flottante

Christophe Borlein, Schneider Electric et professeur au Cnam et IFFI, a présenté les principes de l'efficacité énergétique active, pour réguler la pression des compresseurs et des condenseurs ainsi que la vitesse des pompes et des compresseurs afin de diminuer les consommations. « Une économie de 10 à plus de 30% est accessible par la mise en œuvre de ces solutions. » affirme-t-il.

Quatre actions d'efficacité énergétique active

Christophe Borlein a souligné le potentiel de la basse pression flottante (BP flottante). « C'est une solution peu connue mais qui a l'avantage de ne nécessiter que de petits investissements. Elle est surtout intéressante lorsque la demande est très variable» . Le hic vient des frigoristes « frileux » à l'idée d'augmenter la basse pression et d'assumer ce choix. De plus, la compétence est peu répandue dans ce domaine. Après ces rappels techniques sur l'intérêt de la régulation pour les économies d'énergie et l'optimisation des machines à CO2, les problématiques plus spécifiques aux usines agroalimentaires ont été abordées.

Mesurer et calculer

« Peu d'industriels connaissent exactement leur consommation d'énergie, en froid, en procédés. Compter est un besoin nouveau », constate Fredéric Braban, Cryo conseil. Sur trente cinq usines auditées en région Paca aucune n'a de comptage, a confirmé un participant, consultant de métier. « Les consommations et le montant de la facture cadrent les investissements et les temps de retour des actions sur l’énergie. Ensuite, les solutions doivent être techniquement faisables, énergétiquement correctes, et économiquement supportables par l’entreprise » expose Jacques Guilpart de MF Conseil.

« S'il n'y avait pas le R22 (HCFC), nous ne ferions pas de travaux. Un seul de nos dix sites, celui de Guingamp, est optimum avec de l'ammoniaque et de la régulation. La centralisation du froid nous a permis d'économiser 20% de consommation. Pour les autres sites, les installations ont 30 ans en moyenne. Nous réfléchissons aux différentes hypothèses, le retrofit y compris. » explique Jean-Luc Angot, directeur technique, Stalaven. Le retrofit génère entre 15 et 20% de consommation supplémentaire mais il permet à moindre coût d'utiliser d'autres fluides que les HCFC.

Raisonner chaud et froid

« Il faut être innovant quand on fait un nouveau site », encourage Fabrice Clément directeur travaux neufs, Triballat. L'industriel vient par exemple d'installer une pompe à chaleur à l'ammoniaque. « Il faut raisonner globalement chaud et froid même si la production de froid et le besoin de chaleur ne sont pas simultanés », conseille Frédérique Braban.

Pour choisir entre le tout fluide durable (NH3, CO2), le HFC, le retrofit ou une combinaison de ces solutions, mieux vaut se tourner vers un conseil. « L'avis extérieur est un gage de neutralité et un plus pour identifier les économies d'énergi e », estime Jean-luc Angot. Actuellement, l'Ademe prend en charge 50% du coût de l'étude de faisabilité de nouveaux procédés de froid mais il n'y a pas d'incitation financière pour choisir une solution « verte ». Et pourtant, le différentiel de coût peut atteindre 40%. Quelque soit le scenario retenu, Jacques Guilpart conclut : « La simplicité est gage de longévité et de performance ».

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