Qualité

Bien-être animal : la vidéosurveillance en abattoir votée par l'Assemblée

16 janvier 2017 - Marjolaine Cérou

L'Assemblée Nationale a voté l'obligation de vidéosurveillance dans les abattoirs dès janvier 2018.

L'Assemblée Nationale a adopté le jeudi 12 janvier en première lecture l'obligation d'installer des caméras dans les abattoirs à partir du 1er janvier 2018. Cette mesure fait partir de la première proposition de loi « relative au respect de l’animal en abattoir », dont l'objectif est d'augmenter la transparence et les contrôles dans les établissements français de découpe. Ce texte fait notamment suite à la diffusion d'images par l’association L214 relevant des actes de malveillance dans certains abattoirs au cours de l'année 2016.

 

L'amendement du député Olivier Falorni, adopté par 28 voix contre 4, stipule que les caméras soient installées dans toutes les zones où des animaux vivants sont manipulés, qu’il s’agisse « des lieux d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage et de mise à mort ». Et ce, « à l’issue d’une expérimentation permettant d’évaluer l’opportunité et les conditions de leur mise en place ». Les images pourront être visionnées par les services vétérinaires et par les responsables des établissements.

 

 

 

Agromousquetaires volontaire pour les expérimentations

 

Une expérimentation devrait être lancée courant 2017. Le pôle agroalimentaire des Mousquetaires (3ème opérateur français dans la transformation de la viande et propriétaire de 6 abattoirs) a salué dans un communiqué cette décision. Il se porte volontaire pour réaliser des expérimentations dans son abattoir de Vitré en Ille et Vilaine. Via cette mesure, Agromousquetaires « espère pouvoir mettre en avant le respect de la réglementation dans les abattoirs, faire progresser les bonnes pratiques et mettre fin à d'inadmissibles cas de maltraitance en France ».

 

 

 

Une mesure « réductrice » pour Culture Viande

 

Le son de cloche est différent chez Culture Viande. Dans une tribune, le syndicat des entreprises françaises des viandes, présidé par Jean-Paul Bigard, rappelle avec fermeté que la protection animale ne se réduit pas à une question de caméras. « D’un point de vue technique, nous souhaitons rappeler que le contrôle vidéo n’a jamais fait ses preuves en matière de protection animale. De fait, il n’empêche pas les actes de maltraitance, il permet de les constater a posteriori… Les vidéos tournées par les anti-viandes en sont la preuve criante ». Le syndicat revient également sur les principes fondamentaux relatifs aux conditions d'abattage, à savoir qu'une « bonne viande ne provient jamais d'un animal stressé », que « la protection animale est avant tout une question d'hommes, de formation et de bon sens, et enfin « que l'abattage-découpe en France est l'une des activités les plus contrôlées. « Les plus grands abattoirs comptent plus de vingt vétérinaires de l’État. Culture Viande a demandé à ce que l'un deux soit systématiquement présent au poste d'abattage », souligne le syndicat. La question de la liberté des salariés est également soulevée.

 

 

 

Certains sites de découpe ont anticipé cette mesure, à l'instar du Groupement des éleveurs girondins (CEG) qui va se doter de caméras de surveillance qui seront installées dans le hall de surveillance de son futur site de Bègles en région bordelaise (lire Septembre 2016, p20).

 

 

Un plan national

Rappelons qu'une stratégie nationale a été lancée par le gouvernement sur la période 2016-2020 pour définir vingt actions prioritaires dont quatre concernent l'exigence de protection animale à l'abattoir. Celles-ci comprennent le renforcement des contrôles de l’État, la vigilance au sein des abattoirs, mais aussi la promotion de la modernisation des structures et des matériels d'étourdissement. L'une des exigences concerne également l'évolution des pratiques pour mieux appliquer la réglementation relative au transport des animaux. Entre temps, le ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, Stéphane Le Foll, a demandé aux préfets de faire réaliser des inspections spécifiques sur la protection animale dans l'ensemble des abattoirs de boucherie du territoire national. Le but était d’évaluer le niveau de maîtrise de la protection des animaux depuis le déchargement des animaux, jusqu’à leur abattage. Les rapports d'inspection ont été publiés en juillet 2016 sur le site du Ministère.

 

L'usage des caméras n'est pas pour autant acté. Pour qu'il soit accepté définitivement, le texte doit être déposé et voté au Sénat en l’état. Ce qui ne devrait pas être réalisé avant les prochaines élections.

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