L’Académie de médecine a investigué, à la demande de la direction générale de la santé, la pertinence des mentions d’étiquetage en lien avec des effets cliniques.

Qualité

Eaux conditionnées : le point sur les mentions d’étiquetage

17 mars 2022 - Stéphanie PERRAUT

Alors que le marché des eaux conditionnées est en croissance constante, l’Académie de médecine a investigué, à la demande de la direction générale de la santé, la pertinence des mentions d’étiquetage en lien avec des effets cliniques.

En France, plus de huit milliards de litres d’eaux conditionnées (eau minérale naturelle - EMN, eau de source, eau rendue potable par traitement) sont commercialisées chaque année. Certaines d’entre elles comportent des mentions d’étiquetage invitant à une consommation mesurée, du fait de leur contenu minéral à l’origine d’effets cliniques. « Contient plus de 0,3 mg/L de fluor : ne convient pas aux nourrissons pour une consommation régulière en cas de supplémentation médicale en fluor », « Stimule la digestion », « Peut favoriser les fonctions hépatobiliaires », « Peut être laxative », « Peut être diurétique ». L’Académie nationale de médecine a investigué la pertinence de ces mentions dans le cadre d’une saisine de la DGS (Direction générale de la santé) en date du 16 juin 2021. Son rapport approuvé le 7 février 2022 fait le point sur la question, tout en rappelant que « la consommation au long cours d'une eau conditionnée, EMN en particulier, doit être approuvée par le médecin traitant ». De plus, pour le cas des eaux rendues potables par traitement, l’Académie de médecine met l’accent sur un potentiel risque de « carences minérales encore mal évaluées ». Selon elle, la composition physicochimique essentielle de toutes les eaux destinées à la consommation humaine doit être communiquée aux consommateurs de manière lisible. Les boissons, préparées à partir d'eaux conditionnées et addition de nutriments d'autre nature, doivent porter une information nutritionnelle adaptée à la consommation aux divers âges de la vie. 

« Peut être diurétique ». L'effet diurétique est lié au volume d'eau et à la vitesse d'ingestion, mais les minéraux ne sont pas susceptibles de jouer un rôle concret. Il n'y a donc pas matière à mention. 

« Stimule la digestion », « Peut favoriser les fonctions hépatobiliaires », « Peut être laxative ». Les eaux bicarbonatées (à partir de 600 mg/L d'hydrogénocarbonate) facilitent la digestion en agissant sur le transit gastroduodénal et les fonctions hépatobiliaires. Les eaux sulfatées (à partir de 200 mg/L chez l'adulte et 140 mg/L chez l'enfant) sont susceptibles d'accélérer le transit intestinal et d'avoir un effet laxatif qui est accru si les eaux sont riches en magnésium (à partir de 50 mg/L). Ces effets doivent faire l'objet de mentions.

« Contient plus de 0,3 mg/L de fluor : ne convient pas aux nourrissons pour une consommation régulière en cas de supplémentation médicale en fluor ». La carence en fluor entraîne des caries dentaires que la fluoration des eaux de consommation humaine dans les limites fixées par les recommandations internationales permet de prévenir sans effet délétère, dentaire ou osseux. Un apport fluoré excessif conduit à une altération de la structure et de la qualité des dents et du squelette. Un apport supplémentaire de fluor qui serait bénéfique à la santé osseuse n'est pas déterminé à ce jour. Les apports quotidiens ne doivent pas dépasser 0,05 mg/kg de poids corporel par jour. Les nourrissons et jeunes enfants ne doivent pas consommer une eau dont la concentration en fluor soit supérieur à 0,3 mg/L s'ils font l'objet d'une supplémentation médicale en fluor.

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