Qualité

L’Efsa ne change pas d’opinion sur le bisphénol A

6 décembre 2011 - Anne-Katell Mousset

Après avoir consulté les derniers rapports de l'Anses concernant le bisphénol A, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a décidé de ne pas changer ses conclusions et de maintenir la dose journalière tolérée (DJT) adoptée en 2006.

En septembre dernier, l’Anses (l’Agence nationale de sécurité sanitaire) remettait deux rapports relatifs aux effets sanitaires et aux usages du bisphénol A, dans le cadre des travaux d'évaluation des risques liés au bisphénol A. Face à de nouvelles données, les scientifiques tiraient la sonnette d’alarme et décidaient de lancer un appel à contributions pour trouver des alternatives afin de réduire l’exposition des populations les plus sensibles. A la suite de ce rapport, le parlement français a voté, le 12 octobre dernier, une loi interdisant le bisphénol A dans les contenants alimentaires à compter de 2014, mais dès 2013 pour les contenants alimentaires de produits destinés aux enfants de moins de trois ans

L'Efsa saisie par la Commission européenne

Dans la foulée, la Commission européenne a saisi l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) afin qu’elle étudie les rapports de l’Anses. En effet, en 2010, l’Efsa remettait elle-aussi un rapport concluant à l’innocuité du composé au niveau d’exposition actuel. A la fin du mois de novembre, des scientifiques des deux organisations se sont donc réunis pour comparer leur travail, et voir si l’Efsa modifiait ou non son avis de 2010.

Résultat : les experts du groupe de travail de l’Efsa sur les matériaux en contact avec les aliments, les enzymes, les arômes et les auxiliaires technologiques (groupe CEF) considèrent que globalement les informations du rapport de l’Anses ne justifient pas un changement de l’opinion exprimée.

L’Efsa ne remet donc pas en cause la DJT (dose journalière tolérable) pour le bisphénol A (0,05 mg/kg de poids corporel/jour). Les experts estiment que celle-ci (fixée pour la première fois en 2006) continue de protéger toutes les populations humaines pour une exposition à cette substance par l’intermédiaire du régime alimentaire pendant toute leur vie.

Le rapport de l'Anses n'est pas une évaluation complète des risques

Comme le souligne l’Efsa, le rapport de l’Anses n’est en effet pas une évaluation complète des risques associés à la molécule, mais seulement une identification des dangers. Des travaux se poursuivent au sein de l’Agence française jusqu’au premier semestre 2012 afin de caractériser les expositions alimentaires ou environnementales au bisphénol A en fonction de ses usages et d’examiner la possibilité de conduire une évaluation des risques relatifs à cette substance.

En clair, alors que le processus d’évaluation des risques comprend quatre étapes (voir bas de page), les rapports remis pour le moment s’arrêtent à la première. Pour l'Efsa, les informations collectées ne nécessitent donc pas pour le moment une réévaluation de la DJT.

Toutefois, l’Efsa note qu’elle n’a pas encore pu se pencher longuement sur la pertinence d’études signalant des risques pour la santé humaine suite à des effets toxicologiques associés au bisphénol A à faibles doses chez les animaux. L’Agence européenne a donc décidé de suivre de près l’arrivée de nouvelles études. Certaines s’intéressant à ce sujet sont actuellement conduites aux Etats-Unis.

Les quatre étapes du processus d'évaluation du risque

  1. Identification du danger : identification des agents biologiques, chimiques et physiques susceptibles de provoquer des effets néfastes sur la santé et qui peuvent être présents dans un aliment particulier destinés à l’alimentation humaine ou animale, ou dans un groupe d’aliments destinés à l’alimentation humaine ou animale.
  2. Caractérisation du danger : évaluation qualitative et/ ou quantitative de la nature des effets néfastes sur la santé associés aux agents biologiques, chimiques et physiques qui peuvent être présents dans l’alimentation humaine ou animale.
  3. Évaluation de l’exposition : estimation quantitative de l'exposition probable de l’homme et de l’animal à des aliments qui peuvent contenir des agents biologiques, chimiques et physiques pouvant être présents dans l’alimentation humaine ou animale.
  4. Caractérisation des risques : estimation qualitative et/ ou quantitative, compte tenu des incertitudes, de la probabilité de survenue et de gravité d’effets néfastes pour la santé, connus ou potentiels, dans une population donnée, et reposant sur l’identification des dangers, la caractérisation du danger et l’évaluation de l’exposition.

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