Hausse des coûts : les transformateurs de fruits et légumes en alerte maximale

8 juin 2021 - Karine Ermenier

Récoltes impactées par les aléas climatiques, surcoût de production liés à l’orientation des cultures vers l’agroécologie, flambée des prix des emballages, etc. L’Interprofession des légumes en conserve et surgelés ainsi que le syndicat des produits végétaux frais prêts à l’emploi tirent la sonnette d’alarme. Et conjurent la grande distribution de répercuter ces hausses dans ses prix d’achat.

Coup sur coup, le Syndicat des fabricants de produits végétaux frais prêts à l’emploi (Svfpe) et l’Interprofession des légumes en conserve et surgelés (Unilet) tirent la sonnette d’alarme au motif que leurs coûts de production bondissent. Et que la situation exige que la grande distribution en tienne compte dans ses prix d’achat. Les fabricants de légumes quatrième gamme (Bonduelle Fresh Europe, Florette, Rosée des Champs, Les Crudettes), représentés au sein du Svfpe, font ainsi face à une hausse sans précédent des coûts de leurs emballages, en plastique (en moyenne + 10 % à + 60 % selon les résines) et en carton (entre + 10 % et + 20 % en moyenne). Ainsi qu’à la flambée des tarifs liés au transport. Ces coûts supplémentaires viennent s'ajouter aux lourds investissements que la filière amont et aval consacre pour l'économie circulaire et la transition agroécologique (notamment dans les domaines de l'agriculture bio, de la réduction des produits phytosanitaires, et de l'adaptation au changement climatique). A ces importants surcoûts, s'ajoute également l'impact financier de la baisse des volumes sur le segment de la restauration hors domicile depuis le début de la crise sanitaire, circuit qui représente 30 % des débouchés de la filière. « La juste valorisation des fruits et légumes frais prêts à l'emploi doit permettre d'agir réellement en faveur de la pérennité du maraîchage en France et de la production française », indique le Svfpe qui rappelle que la filière des salades prêtes à l'emploi concerne aujourd'hui plus de 3 500 emplois entre le maraîchage et la dizaine de sites de production répartis dans le pays.

De son côté l’Unilet déplore des hausses de coûts – liées à la montée en gamme des produits, au développement de l’offre origine France et l’orientation des cultures vers l’agroécologie - non répercutées dans les prix de vente. Ce qui réduit la marge de manœuvre des acteurs du marché.  « Pour ne rien arranger, on assiste depuis 2015 à une déconstruction de la valeur au sein de la filière, avec des prix de vente sortie industrie qui n'ont même pas permis d'intégrer l'évolution de l'inflation sur la période (+ 4,2% en 2020 vs 2015), donnant ainsi une baisse relative des prix de 5,8% pour les légumes en conserve et de 3,3% pour les légumes surgelés », indique l’interprofession qui interpelle l’ensemble de la chaîne de valeur, grande distribution et consommateurs compris : « L'ensemble des défis auxquels la filière est confrontée ne pourra être relevé qu'à condition de créer et répartir équitablement la valeur, à travers une juste rémunération de tous les maillons. La véritable valeur des produits issus de la filière française doit être prise en compte par la grande distribution ainsi que par les consommateurs. »

 

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