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L’agroalimentaire, « une industrie à bout de souffle » d’après l’Ania

La Banque de France a réalisé une étude inédite pour l’Ania (Association nationale des industries alimentaires) sur la rentabilité des entreprises agroalimentaires entre 2018 et 2024. Les résultats mettent en exergue des marges structurellement deux fois inférieures à celles des autres industries manufacturières. Ce qui compromet la compétitivité face à ses concurrents européens et la capacité du secteur à investir et à se moderniser.
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  • Auteur : Marjolaine Cérou

L’Association nationale des industries alimentaires (Ania) a publié le mercredi 14 janvier les résultats d’une étude inédite de la Banque de France portant sur la rentabilité des entreprises agroalimentaires entre 2018 et 2024, réalisée sur un échantillon de 13 533 entreprises sur les 23 000 que compte le secteur (selon les données Insee 2023). 

L’étude met ainsi en avant les « niveaux alarmants » des marges des entreprises alimentaires (en incluant le secteur des boissons). La marge courante avant impôts atteint 3,8 % du chiffre d’affaires des industriels alimentaires (contre 7,1 % pour l’industrie manufacturière), et 3,5 % de marge nette contre 5,8 %. « Les entreprises de l’agroalimentaire n’ont pas vu leurs marges augmenter au cours de la période inflationniste. Ce sont des industries à faible valeur ajoutée et la création de valeur est principalement absorbée par les charges de personnel, laissant peu de ressources pour l’investissement et la rémunération du capital par rapport aux autres industries », indique l’étude.

13 fermetures d’usines au premier semestre 2025

En ce qui concerne les taux de fermeture, une entreprise sur quatre affiche aujourd’hui un résultat dans le rouge (au niveau du résultat courant avant impôt), une situation qui s’est dégradée depuis le Covid et avec la période inflationniste. De manière globale, l’agroalimentaire subit davantage de défaillances que les autres industries manufacturières : 2,5 % des industriels alimentaires ont disparu en 2023 et en 2024, contre 1,5 à 2 % dans l’industrie manufacturière au global. En 2025, « on assiste à un renversement de tendance historique l’agroalimentaire a fermé plus de sites qu’elle n’en a ouvert », commente l’Ania. L’étude dénombre 13 fermetures nettes de sites industriels au premier semestre 2025 et qualifie les perspectives consolidées pour le second semestre « de très préoccupantes ».

« Cette courbe de rentabilité très dégradée ne permet pas à l’agroalimentaire d’investir, de se moderniser et rend les entreprises françaises de moins en moins compétitives face à leurs concurrents. Cette situation se traduit notamment dans les chiffres catastrophiques de la balance commerciale du secteur en 2025 », indique l’Ania.

Au cours de la période 2018-2024, les entreprises agroalimentaires ont moins subi d’aléas conjoncturels que d’autres secteurs industriels. Pour autant, l’étude rappelle que la rentabilité moyenne structurellement faible empêche d’investir dans sa transformation et sa compétitivité future.

L’Ania appelle de ses vœux les pouvoirs publics à prendre la mesure de l’urgence dans laquelle se trouvent les entreprises agroalimentaires. « Sans action rapide pour permettre de restaurer des marges permettant l’investissement, c’est la capacité de notre pays à transformer sa production agricole qui sera hypothéquée, ainsi que la possibilité pour les Français de choisir une alimentation produite en France, reconnue comme parmi les plus saines, sûres et durables du monde », conclut l’association.

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