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Ovoproduits

Tensions sur le marché de l’œuf, la filière fait le point

La consommation d’œufs et d’ovoproduits ne cesse de grandir en France et en Europe. Cependant, le début 2026 est marqué par la rareté de l’œuf en rayons. Une situation liée à une conjoncture spécifique, mais qui lève le voile sur des problématiques de fond. 
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  • Auteur : Christophe Meneust
Les œufs se font rares dans les rayons des distributeurs.

Les œufs se font rares dans les rayons des distributeurs.

L’œuf est un incontournable de la cuisine en raison de ses multiples qualités (source de protéines) et de son caractère abordable. Avec une consommation en hausse ces dernières années, la France a enregistré en 2025 un record avec 235 œufs consommés par habitant sur l’année (œufs utilisés par les consommateurs, la restauration hors domicile et les entreprises de l’agroalimentaire). En grande distribution, les achats des ménages ont augmenté de 5 % par an depuis 2023, soit 300 millions d’œufs supplémentaires chaque année. Aujourd’hui, les Français consomment plus de 15 milliards d’œufs par an, du jamais vu pour la filière. Mais en face, les producteurs peinent à répondre à la demande. En ce début 2026, la tension est montée d’un cran avec la concomitance de la traditionnelle hausse de l’utilisation des œufs durant la période des fêtes et des galettes et l’inattendu épisode neigeux qui a momentanément paralysé les approvisionnements des rayons. Avec un taux de rupture habituelle de près de 2 %, il atteint ces derniers jours plus de 13 %.

Un retour à la normale : oui, mais…

À court terme, le retour à un approvisionnement fluide dépendra principalement des facteurs conjoncturels : la fin des perturbations météorologiques et un meilleur contrôle del’épizootie de grippe aviaire. Cependant, les acteurs de la filière et les observateurs sont unanimes pour souligner que des solutions structurelles sont indispensables. La filière a besoin d’investissements massifs et rapides pour moderniser les élevages et accompagner la transition vers le hors cage. Sans cette accélération, les tensions sur l’approvisionnement pourraient perdurer, voire s’aggraver.

300 nouveaux poulaillers d’ici 2030

« Des éleveurs aux conditionneurs, tous les maillons sont mobilisés pour rétablir l’ordre et répondre à la hausse structurelle de la demande, qui représente l’équivalent de l’installation d’un million de poules pondeuses en plus chaque année », explique l’interprofession des œufs, le CNPO. La filière française, première production en Europe, avec 15,4 milliards d’œufs commercialisés en 2024, s’est ainsi fixé l’objectif de construire, 300 nouveaux poulaillers d’ici 2030, soit 6 millions de places de poules pondeuses supplémentaires. Dans le même temps, elle poursuit sa transition vers les élevages alternatifs à la cage, pour passer de 75 % de poules concernées aujourd’hui à 90 % d’ici 2030. Déjà bien engagée, la filière prévoit d’atteindre une production d’œufs à la hauteur de la demande d’ici le second semestre 2026.

« Nous sommes en ordre de marche pour relever le défi de la consommation et nous progressons vers notre objectif. Cependant, pour avancer sereinement et efficacement, nous avons besoin de soutien. Nous demandons ainsi au Gouvernement de simplifier les démarches administratives nécessaires aux installations et aux citoyens d’accepter l’arrivée de nouveaux poulaillers dans les campagnes. Nous avons besoin de ce soutien pour continuer à proposer des Œufs de France aux consommateurs : des œufs conformes à leurs attentes, tant en termes de réglementation que de bonnes pratiques », précise Yves-Marie Beaudet, éleveur de poules pondeuses et président du CNPO.

La filière a besoin d'investissements pour répondre à la hausse de consommation.

La filière a besoin d’investissements pour répondre à la hausse de consommation.

La règlementation pointée du doigt

Face aux contraintes qui pèsent sur la production,Annie Genevard, la ministre de l’agriculture, a pointé du doigt la réglementation environnementale. Elle a plaidé pour un assouplissement des normes concernant l’installation de nouveaux poulaillers, évoquant spécifiquement la loi Duplomb sur les ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement). « Il faut que les Français acceptent que l’on construise des poulaillers », a-t-elle déclaré (propos repris par Le Figaro). En faisant référence à l’idée que les procédures administratives et les oppositions locales freinent les projets d’élevage.

LANTECH
Lantech a mis au point un système unique permettant de remplir automatiquement le magasin de la formeuse de caisses. Les flans sont prélevés et placés dans le magasin quelle que soit leur configuration. Les sangles sont retirées. Aucune exigence particulière n’est requise en matière de palettes et aucune intervention humaine n’est nécessaire. Lantech@Interpack, hall 13, stand C47, du 7 au 13 mai.