Emballages

Traitement des biodéchets : Sphère et Les Alchimistes mènent l’expérience à Paris

22 septembre 2021 - Karine Ermenier

Le tri à la source des biodéchets deviendra bientôt obligatoire en France. Comment faire en milieu urbain pour les foyers qui ne peuvent pas installer de composteur ? Sphère et les Alchimistes mènent une expérimentation sur le sujet pendant un an.

31 décembre 2023, l’échéance approche à grands pas. A compter de cette date, tous les citoyens français devront disposer d’une solution de tri à la source de leurs biodéchets, conformément à la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (AGEC). Ces épluchures de légumes, restes de repas et autres produits cellulosiques tels que les mouchoirs en papier, représentent pas moins de 30 % de nos poubelles, soit 20 millions de tonnes à l’année.

Seulement, pour qui ne dispose pas de jardin ou d’espace suffisant pour installer un composteur, par exemple, comment procéder ? Pour y répondre, le groupe Sphère, leader européen des emballages ménagers, et l’entreprise solidaire d’utilité sociale Les Alchimistes, créée en 2016, se sont associés pour mettre en œuvre une expérimentation dans les XIIe et XIVe arrondissements de Paris. Il consiste à mettre à disposition des points d’apport volontaire, à proximité des lieux de vie (habitations, écoles, commerces...) et de doter les habitants de rouleaux de sacs compostables et d’un bio-seau ajouré. Fabriqués en France à partir de fécule de pomme-de-terre, les sacs compostables Alfapac utilisés conviennent aux compostages industriel et domestique dans des conditions spécifiques de température et d’humidité. « Cette collecte nous permettra de transformer, à proximité, ces déchets alimentaires en compost de qualité riche en matière organique pour nourrir les sols », s’enthousiasme Alexandre Guilluy, co-fondateur et président Les Alchimistes.

Soutenue par les élus de la Ville de Paris, cette expérimentation fera, au bout d’un an, l’objet d’une post-étude portant sur le retour d’expérience des 3 200 foyers qui sont concernés. L’occasion de vérifier si les principaux freins à la collecte des déchets en milieu urbain verticalisé sont levés, à savoir : la distance pour aller déposer ses biodéchets, l’absence de contraintes horaires et l’information régulière des usagers quant au fonctionnement de la collecte, du compostage et de l’intérêt environnemental de la démarche. « La simplification de l’accès aux bornes est essentielle pour la réussite du projet. Toutes les bornes possèdent une application avec un système de contrôle d’accès avec une ouverture par code personnel, envoyé après l’inscription de l’adhérent », explique Alexandre Guilluy.

Sur ce point, selon la Fnade, le retour au sol du compost permettrait d’éviter la production de 23 millions de tonnes d’équivalent CO2 par hectare. « Mal triés, brûlés ou mis en décharge, ils génèrent des quantités importantes de gaz à effet de serre (GES), ainsi qu’un gaspillage des ressources », indique la fédération nationale des activités de la dépollution et de l’environnement. John Persenda, p-dg du groupe Sphère, rappelle également que « la collecte de biodéchets a également un effet positif sur celle des autres emballages recyclables avec à la fois plus de tonnes récoltées et une meilleure qualité de tri, selon une étude menée par l’Ademe. » Le dernier rapport du Giec aurait également mis en évidence l’importance du retour au sol de la matière organique et le considère comme un des moyens les plus efficaces pour lutter contre le réchauffement climatique. Alors tous à vos bio-seaux !

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