Brexit : les inquiétudes persistent pour les entreprises agroalimentaires

16 novembre 2020 - Pierre Christen

Les secteurs agricole et alimentaire font part de leur préoccupation légitime vis-à-vis d’un Brexit, qui, avec ou sans accord, doit intervenir au 1er janvier 2021. Quoi qu’il arrive, des formalités douanières seront remises en place. La crainte principale est que la Grande-Bretagne ne serve de tête de pont en Europe à des importations américaines moins-disantes sur le plan sanitaire.

La seconde vague de la pandémie en Europe a eu tendance à l’éclipser, mais le Brexit est l’autre sujet d’inquiétude du moment. Alors que Boris Johnson vient d’annoncer être cas-contact, ce qui le conduit à entamer une période d’isolement à Downing Street, aucun accord n’a encore pu être acté entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne. Le temps compte, la période de transition devant s’achever le 31 décembre, et les sujets de litige restent nombreux. Faute d’avancées dans les prochains jours, l’option du no deal s’imposera.

En début d’année, l’Ania (Association nationale des industries alimentaires) avait estimé le coût d’une sortie sans accord à 500 millions d’euros. La France est, en effet, le troisième fournisseur et le second client du Royaume-Uni. La balance commerciale est d’ailleurs largement favorable aux productions hexagonales, avec un solde positif de trois milliards d’euros sur un total de cinq milliards d’euros (données 2017). Les principaux secteurs alimentaires concernés sont les vins et spiritueux, les produits laitiers et la viande de porc.

Dans un communiqué commun, l’Ania, La Coopération agricole et la FNSEA invitent tous les acteurs du secteur agricole et agroalimentaire à se préparer à de nombreux changements. « Nous sommes mobilisés aux côtés des pouvoirs publics pour que les entreprises se préparent malgré les nombreuses inconnues », déclarent leurs dirigeants respectifs, Richard Girardot, Dominique Chargé et Christiane Lambert. Avec ou sans accord, le Brexit aura lieu le 1er janvier 2021 et aggravera encore les répercussions de la crise de la Covid-19. "Là où nous avons besoin de prévisibilité, nous ne trouvons qu’incertitude et manque de clarté concernant la gestion des exportations à partir de cette date", déplorent les trois organisations.

Le respect de l'intégrité du marché européen

Le principal motif d’inquiétude est que la Grande-Bretagne serve de point d’entrée à des produits extra-européens moins-disants sur le plan sanitaire. Dans le viseur des trois organisations, l’importation de poulet au chlore et de bœuf aux hormones en provenance du continent américain. La ligne rouge : le maintien de règles du jeu équitables et le respect de l’intégrité du marché unique. « Les produits agroalimentaires qui entrent sur le marché européen devront respecter l’ensemble des normes de production européennes : ni les consommateurs, ni les producteurs ne pourraient comprendre qu’il en soit autrement », affirment-elles.

Elles exhortent les négociateurs à tout faire pour s’entendre sur un futur accord commercial. Et appellent également à ce que la réserve d’ajustement pour le Brexit, dotée de 5 milliards d’euros, soit mise à disposition du secteur agroalimentaire dès le 1er janvier.

Des formalités douanières à respecter

Quelle que soit l’issue des négociations, une chose est certaine : les exportateurs vont devoir effectuer une déclaration en douane à chaque expédition. Ce pourquoi l’Ania, la Coopération agricole et la FNSEA incitent les entreprises à :

- réaliser un auto-diagnostic de leurs flux,

- consulter le guide douanier mis à jour par la DGDDI (Direction générale des douanes et droits indirects),

- suivre le site gouvernemental dédié au Brexit,

- étudier le « Border Operating Model » publié par le gouvernement britannique listant les formalités sanitaires et phytosanitaires.

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