L’alimentation au cœur du plan France 2030

18 octobre 2021 - Pierre Christen

Le chef de l’État a présenté un vaste plan d’investissement destiné à faire progresser la compétitivité de l’industrie française et à développer de nouvelles technologies. Deux milliards d’euros sont dévolus à l’axe « Alimentation saine, durable et traçable ».

Le 12 octobre dernier, Emmanuel Macron a présenté les grandes orientations du plan d’investissement « France 2030 ». Doté de 30 milliards d’euros sur cinq ans, ce programme, que l’on peut qualifier d‘ambitieux, vise à développer la compétitivité industrielle et les technologies d’avenir. Un moyen de répondre aux grands défis du moment : climatique et environnemental (déréglements climatiques, raréfaction de la biodiversité), démographique (augmentation de la population, vieillissement, migrations), et le défi des inégalités (liées à l’hyperfinanciarisation mais aussi à la digitalisation).

« L’innovation est une source de solutions pour mieux vivre, pour projeter une nation, un continent, et peut-être le monde entier vers des solutions qui sont bonnes pour l’humanité. Mais les contraintes de l’innovation dans lesquelles on vivait jusqu’à présent sont en train de changer pour une forme d’accélération, de compression du temps, d’accumulation des moyens », a déclaré Emmanuel Macron. Une « extraordinaire » accélération de l’innovation et des ruptures provoquée par la sortie de la crise pandémique.

Alimentation et agriculture : la révolution numérique, robotique et génétique

L’axe « Alimentation saine, durable et traçable" fait partie des dix priorités fixées par le chef d’État, avec à la clef une enveloppe de 2 milliards d’euros. « C’est certainement l’un des secteurs le plus au confluent de toutes les tensions. Il faut nourrir de plus en plus de monde, la biodiversité est devenue une denrée rare, et aussi il faut décarboner la production. C’est l’un des secteurs qui est train de se transformer le plus rapidement sous contrainte alors même que nos sociétés, depuis maintenant une quinzaine d’années, ont fait le choix d’acter le fait que l’alimentation n’avait presque plus de valeur ». Fruit de la concertation avec les professionnels, le plan s’appuie en effet sur Egalim 2 et le rééquilibrage du rapport de forces qu’il devrait instaurer entre distributeurs, d’un côté, et industriels et agriculteurs de l’autre. Concrètement, le plan passe par l’investissement et par l’essor de nouvelles technologies comme la robotique agricole afin de sortir de certains pesticides. Ou encore la data, vue comme stratégique, dans l’optique d’une gestion plus fine des productions en fonction des aléas et pour un traçage plus pointu des aliments. La diversité génétique fait partie aussi des axes clefs pour des productions plus résilientes et plus solides à travers les biosolutions. « C’est la révolution du numérique, de la robotique, de la génétique qui va nous permettre de continuer à produire pour nous nourrir en améliorant toujours la qualité de notre alimentation », souligne le chef de l’État.

Des orientations saluées par les principales organisations représentant le secteur agroalimentaire. « Nous sommes à la croisée des transitions environnementale, numérique, robotique, génétique, pour une alimentation favorable à la santé qui préserve nos savoir-faire d’excellence. La vision que nous portons se traduit en plans d’actions « focus » sur nos grandes priorités, sans saupoudrage, avec des effets de leviers puissants », a commenté Jean-Philippe André, président de l’Ania. « Le président de la République a pris en compte l’ensemble des défis auxquels la chaîne alimentaire doit répondre : l’adaptation au changement climatique, la préservation de l’environnement, ou encore la croissance démographique, tout en assurant la compétitivité de nos entreprises et de nos filières », a déclaré, de son côté, Dominique Chargé, président de La Coopéraiton Agricole.

Un effort massif pour l’hydrogène vert et la décarbonation

Le plan France 2030 prévoit également 8 milliards d’euros pour le secteur de l’énergie. Les trois mesures phares sont la mise en place de réacteurs nucléaires de petite taille, innovants, avec une meilleure gestion des déchets, l’objectif de devenir le leader de l’hydrogène vert, et la décarbonation de l’industrie. « Ce que nous devons faire absolument sur l’hydrogène, c’est de ne pas répéter les erreurs que nous avons faites sur les énergies renouvelables. On a trop peu investi sur l’offre et la capacité à développer notre filière », a déclaré le chef de l’État. Pour parvenir à l’objectif de baisser de 35 % les émissions carbone du secteur industriel entre 2015 et 2030, un investissement massif va être nécessaire, alors que la réduction atteinte en 2021 n’est que de 4 %.

 

Les autres volets du plan France 2030 sont :

- les transports du futur (4 milliards d’euros)

- la santé (3 milliards d’euros)

- l’espace et les fonds marins (2 milliards d’euros)

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