Sébastien Gillet, directeur du CFIA : «  Le CFIA doit se tenir car nous avons tous besoin d’un moment fédérateur »

« Le CFIA doit se tenir car nous avons tous besoin d’un moment fédérateur »

27 avril 2020 - Pierre Christen

La pandémie de Covid-19 a complètement bouleversé le secteur de l’évènementiel. Le salon CFIA, rendez-vous n°1 du secteur agroalimentaire, a dû être reporté aux 29, 30 septembre et 1er octobre, à Nantes. De nouvelles dates et un nouveau lieu, qui suscitent des interrogations, au regard du manque de visibilité sur l’évolution de la situation sanitaire. Sébastien Gillet, directeur du salon, y répond.

Pourquoi avoir reporté le salon CFIA à Nantes les 29, 30 septembre et 1er octobre 2020 ?

Dans l’ordre chronologique, la première décision de reporter du 10-12 mars au 26-28 mai, a été prise pour protéger les visiteurs, les exposants et l’ensemble de nos collaborateurs, dans le respect des exigences sanitaires. Nous avions alors choisi la période de fin mai en pensant légitimement que nous aurions passé le cap de l’épidémie. A cette date, qui aurait pu dire qu’il en serait autrement ? Puis l’allocution présidentielle du 13 avril nous a fait comprendre qu’il n’allait pas être possible de le faire…

D’où le second report ?

Oui. Nous avons d’abord sondé notre visitorat. L’industrie agroalimentaire est affectée par la crise, mais elle continue encore à tourner contrairement à d’autres secteurs. Les visiteurs nous ont répondu que s’il n’y a pas d’interdiction, le CFIA doit se tenir car c’est un rendez-vous important pour le secteur agroalimentaire, qui a besoin de moments jouant un rôle fédérateur. Nous avons voulu le faire à Rennes en priorité, mais il n’y avait plus de possibilités compte-tenu du Space, du 15 au 18 septembre, et d’Artibat, du 21 au 23 octobre.

Ce qui a justifié le choix de Nantes ?

Il y avait une possibilité que nous avons saisie. Le parc d’ExpoNantes fait quasiment la même taille que celui de Rennes. Il bénéficie d’installations récentes dans une région agroalimentaire importante qui fournit 5 000 visiteurs à chaque édition du CFIA. 60 à 65 % de notre visitorat provient du Grand Ouest. Et cette localisation nous permet d’être plus accessible aux visiteurs de Nouvelle Aquitaine et d’Occitanie. Mais je vous confirme qu’en 2021, nous retournerons à Rennes, notre fief historique.

Sur le plan organisationnel, est-ce réaliste d’organiser un tel salon (22 000 visiteurs, 1 600 exposants) en quatre mois ?

C’est un challenge. Mais nous avons la méthode et le savoir-faire historique pour le relever. Nous nous adapterons. Certains halls pourront être dupliqués. Quant aux trois halls Emballage, nous pourrons les rassembler dans un même hall. Nous retrouverons les trois sectorisations (Procédés & Equipements, Conditionnements & Emballages, Ingrédients & PAI), qui font notre ADN.  Nous retrouverons quasiment la même disposition, à quelques exceptions près qui feront un peu de brassage. Quant aux animations, nous travaillons à reconstruire le même programme autour de l’Usine Agro du Futur, des Trophées de l’Innovation et de conférences en lien avec la période actuelle. Je veux préciser aussi que nous avons fait évoluer la plateforme Mycfia.com pour permettre de continuer à garder le lien et faire de la veille dans cette situation particulière.

Sur le plan sanitaire, quelles mesures seront prises ?

Bien entendu, nous appliquerons toutes les obligations réglementaires. Si nécessaire, nous irons plus loin et appliquerons les recommandations utiles. S’il faut des gants, nous en fournirons. S’il faut mesurer la température des visiteurs à l’entrée, nous le ferons.

Beaucoup d’industriels ont gelé leurs investissements, quel sera l’état d’esprit de cette édition ?

Difficile de savoir quel sera l’état du business en septembre. Le CFIA est souvent un moment pour valider des projets qui ont été préparés dans les mois qui précèdent l’événement. Il y aura peut-être moins de business de ce type. Mais la force du CFIA est de contribuer à construire l’avenir à cinq ou dix ans. La pandémie ne va pas changer cela. Nous avons tous besoin de nous revoir et de nous rassembler pour co-construire. Sur le plan personnel, on a tous trouvé marrants les apéros en visio en début de confinement. Et aujourd’hui, on en a tous marre, on veut se retrouver, se marrer, s’engueuler... C’est pareil pour le CFIA. Nous aurons besoin de partager nos vécus, nos bonnes pratiques, et de nous rassembler, après six mois avec le virus. On ne reviendra pas à la vie d’avant le 16 mars, mais on ne va pas tout effacer non plus. Il y avait beaucoup de choses de bien. Le monde va évoluer sur ces bases. D’ailleurs, on entend beaucoup parler de relocalisation. Nos exposants ont des savoir-faire qui peuvent être utiles à cet objectif, j’espère que les discours politiques vont suivre. Le prochain CFIA pourra les accueillir.

N’y aura-t-il pas un trop-plein d’événements sur le second semestre ?

Il est vital pour beaucoup de salons de chercher des solutions de report. Je reconnais qu’il va y avoir un effet d’embouteillage sur cette période. Mais le CFIA est un rendez-vous majeur pour le secteur agroalimentaire. Il a toute légitimité à se tenir.

Dans le cas d’un prolongement des interdictions, peut-il y avoir un autre report du CFIA ?

Le programme de déconfinement va être présenté le 28 avril. Si jamais les interdictions pour les événements sont prolongées, nous ne pourrons plus reporter. L’édition du CFIA Rennes est prévue du 9 au 11 mars 2021. Elle ne peut pas se tenir plus tard du fait de l’occupation du Parc Expo de Rennes puis des vacances de Pâques. C’est vrai qu’Interpack aura lieu fin février - début mars, et que cela concerne certains de nos exposants. Mais la typologie de visitorat entre les deux salons est très différente. D’autant que je ne suis pas sûr que les grands salons internationaux aient d’ici là retrouvé leur public, à moins qu’un vaccin soit trouvé. C’est très différent pour le CFIA dont le visitorat est essentiellement régional.

 

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