Selon les données publiées par le médiateur des relations commerciales agricoles, les négociations commerciales annuelles ont abouti à une baisse de 0,3 % du prix triple net pour les produits vendus sous marque nationale. Crédit : YD-Linéaires

Négociations 2021 : une déflation finale de -0,3 %

26 avril 2021 - Pierre Christen

Selon les données publiées par le médiateur des relations commerciales agricoles, les négociations commerciales annuelles ont abouti à une baisse de 0,3 % du prix triple net pour les produits vendus sous marque. Face à ce constat qu’ils qualifient de « décevant », l’Ania, La Coopération agricole, la Feef et l’Ilec demandent une protection du tarif fournisseur dans la future loi Egalim 2.

L’Observatoire de la négociation commerciale annuelle a livré son verdict le 9 avril dernier et l’a rendu public le 19 avril : « le point d’atterrissage de la négociation commerciale 2021 des produits alimentaires vendus sous marque nationale est de l’ordre de 0,3 % en prix triple net (le prix réellement payé par le distributeur : net de rabais, net de ristournes, net de coopération commerciale). Dans le même temps, les demandes de hausses de tarifs de la part des fournisseurs étaient de l’ordre de 3 %.

Un constat établi sur la base d’une démarche de consensus menée au sein de l’Observatoire entre les différentes organisations professionnelles représentées (Ania, La Coopération agricole, Feef, Ilec, FCD et FCA) et sur la base des réponses de tous les intervenants concernés, soit huit enseignes et quatre fédérations d’entreprises fournisseurs. Le médiateur des relations commerciales souligne d’ailleurs la grande convergence des résultats obtenus. Ce qui leur confère une bonne légitimité.

Dans le détail, cette déflation est observée pour toutes les catégories de produits à l’exception des produits laitiers frais et des œufs :

  • Épicerie salée : - 0,3 %
  • Épicerie sucrée : - 0,3 %
  • Produits frais non laitiers (charcuteries, sandwichs,…) : - 0,7 %
  • Produits frais laitiers (dont œufs) : + 0,5 %
  • Surgelés : - 0,7 %
  • Boissons alcoolisées : - 0,7 %
  • Boissons non alcoolisées : - 0,4 %

Le médiateur note une relative bonne prise en compte du contexte des matières premières agricoles ou alimentaires, malgré de fortes marges de progrès pour les boissons par exemple. Un avis nuancé que ne partagent pas les représentants de la transformation alimentaire. Dans une communication commune, l’Ania, La Coopération agricole, la Feef et l’Ilec regrettent la poursuite de la destruction de valeur : « C’est une immense déception pour tous ceux qui travaillent au service de la souveraineté alimentaire. La guerre des prix en rayons est en train de casser une agriculture, une industrie et toute une filière ». En conséquence, le taux de marge des industries agroalimentaires atteint son plus bas niveau historique. Depuis la mise en œuvre de la LME en 2009, qui avait autorisé la négociabilité des conditions de vente, ce taux de marge a baissé de près de 40 %, indiquent ces organisations. Autre valeur édifiante :  7 milliards d’euros ont été détruits dans l’ensemble de la filière alimentaire depuis le début de la guerre des prix en 2013.

Un constat qui conduit ces organisations à demander dans Egalim 2 (Lire ici) le renforcement de la protection du tarif des fournisseurs industriels. A noter, il convient de préciser que cet observatoire exclut certains produits à forte composante agricole comme les marques de viande (à l’exception de la charcuterie), les marques de distributeurs (MDD) ainsi que les produits livrés en vrac (fruits et légumes frais, viandes fraîches non emballées par le fournisseur, poissons, une partie du rayon boulangerie-viennoiserie, etc.)

De leur côté, les 600 entreprises de l’Adepale (Association des Entreprises de Produits Alimentaires Elaborés) et de la FEB (Fédération des Entreprises de Boulangerie/Pâtisserie) tirent la sonnette d’alarme vis-à-vis de l’explosion de leurs coûts de production liée aux tensions sur les matières premières agricoles transformées au plan international (farine, produits laitiers,…) et aux augmentations sur les emballages.

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