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Bisphénol A : l'Anses maintient son avis de 2013

24 juin 2015 - Karine Ermenier

L’Anses, sur la base des connaissances actuelles, n’envisage pas à court terme de réviser son avis de 2013 relatif au BPA considérant que les divergences d’appréciation qui subsistent entre différentes agences sanitaires tiennent avant tout aux modalités contrastées de prise en compte des incertitudes sur un sujet que chacun reconnait comme scientifiquement fortement débattu.

A la publication de l’avis de l’Efsa sur le bisphénol A le 21 janvier 2015, Ségolène Royal, Ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, s’est dite « très surprise » et a même déclaré que « le ministère allait faire expertiser cet avis, pour voir si le poids des lobbys n’était pas intervenu dans sa publication. » Elle a donc demandé à l’Agence française de sécurité sanitaire (Anses) de se pencher sur les conclusions de l’Efsa, divergentes de celles de l’Anses.

L'Agence française, dont l'avis de 2013 avait conduit à adopter la loi de suspension du BPA dans tous les contenants alimentaires en vigueur en France depuis janvier 2015, s'est exécuté et a remis une note sur le sujet le 16 juin dernier. Elle s'est prononcée, entre autres, sur ces 3 points :

- les divergences générales entre l'avis de l'Efsa et de l'Anses

- l'analyse critique des études expérimentales sélectionnées, des approches et méthodologies utilisées par les deux agences

- la protection de la santé des populations de tous âges et des populations les plus sensibles au regard des nouvelles valeurs de références provisoires préconisées par l'Efsa, à savoir : 4 microgrammes/kg de poids corporel/jour

Parmi les conclusions à retenir, figurent :

1) Des convergences, mais …

Extrait : "Dans son nouvel avis, l’Efsa a divisé par 11 la dose journalière relative au BPA et reconnaît le danger du BPA sur la glande mammaire souligné par l’Anses. Des différences d’appréciation subsistent néanmoins entre les deux agences quant à la robustesse des études disponibles ou les modalités de prise en compte des incertitudes scientifiques permettant d’apprécier le risque associé à ce danger. Ces divergences ne pourront être valablement levées que sur la base de l’analyse des conclusions de nombreux travaux de recherche menés de par le monde et dont les résultats sont attendus au cours des mois et des années à venir. La preuve ultime des risques associés au BPA ne saurait être qu’épidémiologique et ne pourra être apportée qu’à moyen terme"

2) Un partage de l'avis de l'Efsa par les pairs mais …

Depuis sa publication, différentes agences nationales ont pris position quant à l’avis de l’Efsa.

C'est le cas du Bundesinstitut für Risikobewertung (BFR) en Allemagne. Mais le Danish Food Institute (DTU) au Danemark critique quant à lui ce même avis considérant que sur la base de la valeur proposée par l’Efsa, les risques liés à une exposition au BPA par la voie alimentaire ne peuvent être écartés.

3) Des annexes de l'Anses qui concluent à l'absence de risque

Dans les annexes de cette note d'appui scientifique et technique du 16 juin 2015, l'Anses précise les conclusions suivantes :

- aucune des situations d'exposition des femmes enceintes, des adultes ou des enfants de 3 à 18 ans au BPA via l'air, les poussières et l'alimentation ne dépasse la valeur de référence provisoire (4 microgrammes/kg de poids corporel/jour) préconisée par l'Efsa. In Fine, aucune situation à risque n'est observée dans ce cadre.

Comme la loi française sur la suppression du bisphénol A dans tous les contenants alimentaires porte sur le BPA en contact alimentaire, l'Anses confirme donc que, dans ces circonstances, le risque est nul, même pour les populations sensibles. Cela aurait donc pu encourager l'Anses à revoir son avis de 2013. Ce qui pourrait d'ailleurs conduire les Parlementaires français à se repencher sur l'intérêt de la loi actuelle du BPA promulguée sous l'égide du principe de précaution.

Seulement, l'Anses n'envisage pas de revoir sa position.

Extrait : « Dans ce contexte, l’Anses, sur la base des connaissances actuelles, n’envisage pas à court terme de réviser son avis de 2013 relatif au BPA considérant que les divergences d’appréciation qui subsistent entre différentes agences sanitaires tiennent avant tout aux modalités contrastées de prise en compte des incertitudes sur un sujet que chacun reconnait comme scientifiquement fortement débattu."

L'intégralité de la note d'appui scientifique et technique de l'Anses du 16 juin 2015 est disponible ici :

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