Emballages

Consigne pour réemploi : dans les coulisses de l’expérimentation Blédina

21 juin 2021 - Karine Ermenier

Après dix-huit mois de développement, Blédina a lancé ses premiers petits pots pour bébés en verre réemployables dans le cadre du partenariat Loop-Carrefour. Visite en images du site Blédina de Brive-la-Gaillarde.

Quel pari ! Expérimenter le réemploi des emballages sur une catégorie aussi sensible que celle du baby-food. Blédina a décidé de relever le défi en lançant le 16 juin dernier ses premiers petits pots en verre consignés dans les cinq hypermarchés Carrefour accueillant un corner Loop. Sélectionné par l’Ademe et Citeo dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) sur le réemploi, le projet baptisé « Boucle d’Or » en interne a débuté il y a déjà 18 mois, au sein de La Petite Fabrique, une cellule d’incubation de la filiale de Danone dédiée aux innovations de rupture. « C’est un honneur pour Blédina de présenter ce projet, résultat d’une réflexion collective qui, peut-être, changera le futur de la nutrition infantile », a déclaré Markus Sandmayr, directeur général de Blédina lors de la conférence de lancement organisée sur le site de production de Brive-la-Gaillarde le 16 juin dernier.

70 personnes impliquées dans le projet

« Une équipe rapprochée de dix personnes est mobilisée pour mettre en œuvre ce nouveau modèle de consommation. Mais c’est au total 70 personnes de l’entreprise et de l’externe qui ont, à un moment, apporté leur expertise pour rendre cette expérimentation possible », commente Clara Mottier, pilote de Boucle d’Or, pour faire prendre conscience de l’ampleur des sujets que soulève cette expérimentation : choix des pots et des étiquettes, des formats, des recettes, incidences sur le process de fabrication, sur les données de traçabilité, problématiques des bornes de récupération, du nettoyage, etc. C’est pourquoi le projet est collectif : il fait appel à différents partenaires extérieurs comme Loop, Lemon Tri (pour les machines de consigne), Uzaje (Uzaje pour le nettoyage), Petrel (spécialiste du zéro déchets), Carrefour, etc.

9 mois d'expérimentation pour accumuler des connaissances

Blédina se laisse encore a minima neuf mois pour accumuler des connaissances. « En définitive, tout commence aujourd’hui !, relève Clara Mottier. Nous allons interroger les consommateurs en magasins dès la semaine prochaine. En octobre, nous suivrons le retour d’expérience de parents qui vont tester nos pots consignés pendant un mois. Et nous allons, en parallèle, travailler sur des scénarios pour optimiser l’analyse de cycle de vie, qualifier le nettoyage avec Uzaje et trouver un modèle d’affaires rentable. »  A ce stade, même en mode dégradé, l’impact environnemental de cette offre en pot serait déjà 5 % moins élevé que celui des pots en verre à usage unique. A lui seul, le pot de 400 g portionnable réduit déjà la quantité d’emballage par kilo de produit. « Ce format est une première pour Blédina et pour le marché des produits infantiles car le pot contient l’équivalent de deux repas. Les parents peuvent conserver le pot ouvert au réfrigérateur pendant 48 h. Ça change complètement les usages et l’expérimentation va nous permettre d’en mesurer l’intérêt et l’acceptation par les familles. » A moyen terme, en optimisant le poids des contenants et la logistique retour, Blédina table sur une réduction de 25 % de l’impact environnemental. Et espère même 50 % à long terme via un maillage des centres de lavage et une standardisation des emballages entre industriels de l’agroalimentaire. Car l’idée, dans ce projet, n’est pas d’avancer seul. « Nous avons besoin d’éclaireurs comme Blédina pour ouvrir de nouvelles voies », explique Sophie Nguyen, responsable du développement de solutions pour le réemploi chez Citeo. 34 projets sont appuyés par l’Ademe et Citeo dans le cadre de cet AMI réemploi verre, couvrant tous les territoires. « Ils vont nous permettre d’observer, de mesurer, d’accumuler de l’expérience pour déterminer dans quelles circonstances le réemploi peut être une alternative à l’usage unique», précise-t-elle.

Pour prouver toute sa détermination à rendre ce projet industrialisable, Blédina a fait le choix, dès le départ, de produire et conditionner ses nouveaux pots consignés sur son site de Brive-la-Gaillarde, au sein de son unité pilote R&D. Process Alimentaire s’y est rendu et vous propose de découvrir Boucle d’Or plus en détails à travers une visite en images.

 

Bledina

  • Blédina Brive-la-Gaillarde est le site historique de la marque, il fêtera ses 50 ans dans deux ans. 350 recettes en conventionnel et en bio y sont fabriquées, développées en partie dans son propre centre R&D. Il a été choisi comme site pilote pour le réemploi, de façon à produire ces nouveaux pots avec la même qualité et les mêmes standards que les produits Blédina fabriqués sur ligne, mais en plus petites quantités.

    Blédina Brive-la-Gaillarde est le site historique de la marque, il fêtera ses 50 ans dans deux ans. 350 recettes en conventionnel et en bio y sont fabriquées, développées en partie dans son propre centre R&D. Il a été choisi comme site pilote pour le réemploi, de façon à produire ces nouveaux pots avec la même qualité et les mêmes standards que les produits Blédina fabriqués sur ligne, mais en plus petites quantités.

  • Le site pilote R&D de Blédina Brive-la-Gaillarde est comme une « extension » de l’usine. Les recettes des dix références consignées ont été légèrement adaptées (au niveau de la texture notamment) car le nouveau pot ne se comporte pas tout à fait comme les pots habituels. Elles sont produites par batches de 200 kg. Mais le process reste le même : cuisson vapeur, moulinage, dosage, vissage du couvercle.

    Le site pilote R&D de Blédina Brive-la-Gaillarde est comme une « extension » de l’usine. Les recettes des dix références consignées ont été légèrement adaptées (au niveau de la texture notamment) car le nouveau pot ne se comporte pas tout à fait comme les pots habituels. Elles sont produites par batches de 200 kg. Mais le process reste le même : cuisson vapeur, moulinage, dosage, vissage du couvercle.

  • Sur ces pots consignés, le couvercle se dévisse. Mais Blédina continue à injecter de la vapeur avant fermeture pour conserver le « pop » à l’ouverture, un élément de réassurance pour les familles. Le couvercle, lui, n’est pas consigné mais peut être ramené à la machine de collecte pour être ensuite recyclé. Tout est vérifié comme sur une production classique, le serrage, l’étanchéité, le poids, etc.

    Sur ces pots consignés, le couvercle se dévisse. Mais Blédina continue à injecter de la vapeur avant fermeture pour conserver le « pop » à l’ouverture, un élément de réassurance pour les familles. Le couvercle, lui, n’est pas consigné mais peut être ramené à la machine de collecte pour être ensuite recyclé. Tout est vérifié comme sur une production classique, le serrage, l’étanchéité, le poids, etc.

  • Après passage en autoclave à 121°C, les pots sont contrôlés visuellement puis marqués au jet d’encre pour la traçabilité. Il s’agit pour l’instant de modèles de pots choisis « sur étagère » chez O-I pour leur capacité à être facilement nettoyables. Si le projet se déploie, ils seront probablement optimisés en poids, épaisseur de verre, etc. Des tests de durabilité vont être menés pour mesurer le nombre de cycles que supporte un pot ainsi que l’évolution de l’usure du pot au fil des cycles (comment les consommateurs vont juger un pot rayé ? abimé ? jusqu’à quel niveau d’usure est-ce acceptable ?).

    Après passage en autoclave à 121°C, les pots sont contrôlés visuellement puis marqués au jet d’encre pour la traçabilité. Il s’agit pour l’instant de modèles de pots choisis « sur étagère » chez O-I pour leur capacité à être facilement nettoyables. Si le projet se déploie, ils seront probablement optimisés en poids, épaisseur de verre, etc. Des tests de durabilité vont être menés pour mesurer le nombre de cycles que supporte un pot ainsi que l’évolution de l’usure du pot au fil des cycles (comment les consommateurs vont juger un pot rayé ? abimé ? jusqu’à quel niveau d’usure est-ce acceptable ?).

  • Compte-tenu du caractère expérimental du réemploi, ces pots sont, pour l’instant, étiquetés et mis en carton à la main. Mais les lots sont ensuite libérés par le site industriel, selon les mêmes exigences de traçabilité que les produits fabriqués sur ligne. L’innovation se trouve ainsi accélérée, au plus proche du process industriel.

    Compte-tenu du caractère expérimental du réemploi, ces pots sont, pour l’instant, étiquetés et mis en carton à la main. Mais les lots sont ensuite libérés par le site industriel, selon les mêmes exigences de traçabilité que les produits fabriqués sur ligne. L’innovation se trouve ainsi accélérée, au plus proche du process industriel.

  • Les pots, placés dans des meubles dédiés dans les 5 magasins Carrefour testant le projet Loop, sont doublement étiquetés : sur le pot et l’opercule, pour que le gencode reste visible même si l’étiquette du pot s’est détachée. Car le consommateur récupère sa consigne (de 0,35 € ou 0,40 € par pot), en scannant le Gencod sur la machine Lemon Tri installée en magasin.

    Les pots, placés dans les corners Loop des 5 magasins Carrefour testant le projet, sont doublement étiquetés : sur le pot et l’opercule, pour que le gencode reste visible même si l’étiquette du pot s’est détachée. Car le consommateur récupère sa consigne (de 0,35 € ou 0,40 € par pot), en scannant le Gencod sur la machine Lemon Tri installée en magasin.

Process Alimentaire - Ateliers de l'Emballage

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Événement organisé par Process Alimentaire
Date: mardi 12 octobre 2021
Lieu : Roazhon Park de Rennes.
Le thème de cette 3e édition :
l'innovation au service du juste emballage

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