Etiquetage nutritionnel : le système SENS de la grande distribution reste dans la course

10 avril 2016 - Pierre Christen

En cohérence avec le règlement européen Inco, la loi de modernisation du système de santé (du 26 janvier 2016) prévoit qu'un système graphique d'information sur la qualité nutritionnelle puisse être apposée de manière volontaire sur les emballages des produits alimentaires. Au second semestre 2016, des essais en conditions réelles d’achat vont être effectuées pour déterminer le système graphique qui apparaîtra comme le plus adapté. Un comité de pilotage et un comité scientifique ont d'ores et déjà été formés. L'objectif est que la mesure puisse être mise en œuvre début 2017.

Antérieurement, l'Anses avait été saisie pour évaluer la faisabilité de deux principaux systèmes d'affichage :

- le système 5-C, basé sur le score de Rayner, développé pour la FSA (Food Standards Agency) au Royaume-Uni,

- et le système SENS, porté par la grande distribution à travers la FCD ( Fédération du Commerce et de la Distribution). Il repose sur la méthode Sain-Lim, développée en France en 2008 par le pôle Inra-Inserm Nutrition humaine sous la houlette de Nicole Darmon. Ce système SENS (Système d'Etiquetage Nutritionnel Simplifié) avait alors été proposé comme socle pour l'élaboration des profils nutritionnels nécessaires à l'apposition des allégations nutritionnelles et de santé. Des profils nutritionnels qui n'ont finalement jamais vu le jour.

Le rapport sur le système 5-C a été publié en juin 2015. (Lire notre article ici).

Le rapport sur le système SENS vient d'être publié (Le rapport ici). L'Anses a appliqué la méthode à 1066 aliments, comme pour la méthode 5-C. Résultat : les deux systèmes convergent. La corrélation est très forte sur les pains, pâtisseries, viandes, œufs et dérivés, sandwichs, légumes, pâtes, semoules, riz et dérivés, produits laitiers frais et assimilés, desserts frais non laitiers, compotes et conserves de fruits. Les deux systèmes s'accordent particulièrement bien sur les aliments classés très favorablement ou défavorablement. Leur pouvoir discriminant sont très proches.

En clair, les deux systèmes sont techniquement très proches. Mais un point pourrait faire la différence : distributeurs et industriels soutiennent le SENS. Or pour le succès de la mesure, cette adhésion est indispensable puisque les systèmes seront d'utilisation volontaire. Ces éléments amènent la FCD à conclure que « l'Anses constate que le SENS et le 5C ont une faisabilité de calcul comparable à partir des données étiquetées sur les emballages. Par conséquent, la mobilisation des distributeurs et des industriels pour le SENS augmente sa capacité à être un instrument opérationnel d'information des consommateurs ».

Est attendu un prochain rapport de l'Anses portant sur une analyse comparative de la pertinence, en matière de nutrition, de ces deux systèmes, au regard des enjeux de santé publique.

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