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Covid-19 : le marché du porc dans l’incertitude

La pandémie de Covid-19 a provoqué une baisse des cours du porc. Simultanément, la demande en grande surface s’accroît tandis que des incertitudes planent sur l’approvisionnement en alimentation animale. Le point avec l’Ifip.
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  • Auteur : Amelie Dereuder
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Ces derniers mois, la stabilisation de l’offre européenne et la forte demande asiatique ont plutôt tiré à la hausse les cours du porc. Une croissance freinée par l'impact de l'épidémie de Covid-19. « Les difficultés logistiques pour l’accès aux marchés extérieurs et le manque de main d’œuvre en abattoirs freinent la demande. Après d’importantes hausses entre janvier et février, les cours européens sont fortement retombés en mars, en particulier en Allemagne et aux Pays-Bas », précise l’Ifip dans sa dernière note de conjoncture. « Face au risque de retrait du personnel et aux restrictions de mouvement, des entreprises manquent de main-d’œuvre. L’Allemagne et les Pays-Bas sont particulièrement touchés par ce problème, certains employés de l’Est n’ayant pu se rendre avant le confinement sur leur lieu du travail. »

Croissance de 20 à 30 % des ventes en jambon cuit et saucisserie

Pourtant, la demande consommateur est là. En témoignent les rayons vidés de certaines charcuteries en France. Le secteur de la grande distribution a connu une accélération des ventes, sous l’effet des achats de stockage par les consommateurs. Ainsi, après un mois de février décevant, le porc a enregistré de belles performances avec des croissances de 20 à 30 %, notamment en jambon cuit, saucisserie et saucisson sec. Les plats cuisinés appertisés ont vu leurs ventes croître de plus de 100 %. Selon l’Ifip, les ventes alimentaires en grandes surfaces devraient se stabiliser dans les prochaines semaines. Ce rééquilibrage devrait s’opérer au profit des produits emballés du libre-service, au détriment des coupes de la boucherie et de la charcuterie.

Incertitude quant à l’alimentation animale

En dehors de la forte demande et des cours du porc à la baisse, la filière doit aussi faire face à une autre problématique : sécuriser ses approvisionnements en alimentation animale. « Dès l’apparition du virus en Chine, une forte volatilité a été observée sur le prix des céréales, des oléagineux et des tourteaux », précise le service économie de l’Ifip. « A l’image des ménages qui ont fait des stocks de produits de première nécessité, l’industrie de l’alimentation animale a constaté un phénomène de surstockage de la part des éleveurs français. Mais malgré une logistique sous tension, on ne constate pas de rupture d’approvisionnement. La disponibilité en tourteaux de soja, dépendante des décisions des pays sud-américains, restetoutefois un point de vigilance majeur », indique l’organisation.

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