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Contaminants chimiques

PFAS dans l’eau potable : une détection généralisée et l’émergence de nouvelles substances à surveiller

L’Anses publie les résultats d’une campagne nationale consacrée aux PFAS dans l’eau potable. La plupart des prélèvements analysés respectent les limites réglementaires, mais certaines substances émergentes comme le TFA sont détectées très fréquemment.
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  • Auteur : Stéphanie Perraut
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L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a mené, entre 2023 et 2025, une campagne nationale de mesure de composés émergents dans l’eau destinée à la consommation humaine. Ces travaux visent à améliorer les connaissances sur la présence des PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), dont la surveillance reste encore partielle dans l’eau du robinet.

La directive européenne révisée sur la qualité de l’eau potable impose le suivi de 20 PFAS avec une limite de qualité fixée à 100 ng/L pour leur somme. La France doit transposer ce texte dans son droit national au plus tard le 12 janvier 2026, ce qui crée une certaine urgence à prendre en compte les résultats de cette campagne et à renforcer la surveillance des PFAS dans les eaux destinées à la consommation humaine.

En octobre déjà, l’Anses a publié un rapport qui dresse un état des lieux de la contamination des milieux par les PFAS et propose une méthode pour hiérarchiser leur surveillance.

Ces initiatives s’inscrivent dans le plan d’action interministériel consacré aux PFAS. L’État a par ailleurs renforcé le cadre législatif en intégrant explicitement ces composés au contrôle sanitaire, à travers la loi dite « Thierry » de février 2025.

35 molécules suivies

Entre 2023 et 2025, plus de 600 couples eau brute/eau traitée ont été analysés sur l’ensemble du territoire français, y compris les Outre-mers. Les prélèvements ont été réalisés avec l’appui des Agences régionales de santé, en ciblant notamment des zones où un risque potentiel de contamination avait été identifié. Au total, 35 PFAS ont été recherchés :

  • les 20 substances de la directive eau potable
  • 15 molécules supplémentaires sélectionnées selon différents critères, dont leurs propriétés, leurs usages ou leur émergence dans l’environnement.

Les résultats présentés par le Laboratoire d’hydrologie de Nancy montrent que 20 PFAS ont été détectés dans au moins un prélèvement d’eau brute et 19 dans l’eau distribuée au robinet. Pour la grande majorité des échantillons, les concentrations mesurées sont inférieures aux limites réglementaires lorsqu’elles s’appliquent.

Parmi les 20 PFAS réglementaires détectés, trois apparaissent plus fréquemment : le PFHxS (21,7 % des échantillons d’eau distribuée), le PFOS (19,1 %) et le PFHxA (16,1 %). La directive européenne fixe pour leur somme une limite de qualité à 100 ng/L dans l’eau distribuée et seule une faible proportion des prélèvements dépasse cette valeur.

Parmi les autres PFAS détectés, quatre sont dits « conventionnels », c’est-à-dire composés de chaînes de plus de trois atomes de carbone. Ces molécules, notamment le 6:2 FTSA, ont généralement été retrouvées dans des échantillons où figurait au moins l’un des PFAS déjà listés dans la directive, ce qui confirme leur rôle de bons indicateurs de la présence de PFAS conventionnels.

TFA, TFMSA, les PFAS à chaînes courtes sous surveillance

Parmi les substances les plus présentes figure en revanche l’acide trifluoroacétique (TFA), une molécule à chaîne ultra-courte, retrouvée dans 92 % des échantillons d’eau distribuée comme d’eau brute. Sa concentration varie fortement d’un échantillon à l’autre, la médiane étant de 780 ng/L dans l’eau distribuée. Ce PFAS n’est pas inclus dans les 20 substances de la directive européenne mais fait l’objet d’attentions particulières en raison de sa présence quasi généralisée. Une étude récente révèle sa présence dans les eaux et boissons italiennes, avec des concentrations particulièrement élevées dans les vins. L’étude de l’Anses met également en évidence pour la première fois en France une présence significative de TFMSA (acide trifluorométhanesulfonique) dans l’eau potable, un autre PFAS à chaîne courte. La molécule a été détectée dans 13 % des échantillons, avec une concentration médiane de 28,5 ng/L dans l’eau distribuée. Ces conclusions laissent à penser que certains PFAS non réglementés pourraient rejoindre le plan pérenne de contrôle, notamment le TFA et, parmi les PFAS conventionnels, le 6:2 FTSA.

Des valeurs seuils pour le TFA

Afin d’encadrer ces résultats sur le plan sanitaire et réglementaire, des valeurs seuils ont été introduites ces derniers mois. En complément des limites réglementaires applicables (100 ng/L pour la somme des 20 PFAS dans l’eau distribuée, seuil qui n’inclut pas le TFA), le Haut Conseil de la santé publique recommande une valeur seuil provisoire de 20 ng/L pour la somme des quatre PFAS bioaccumulables (PFOA, PFOS, PFNA, PFHxS). Concernant le TFA, les pouvoirs publics ont fixé une valeur sanitaire indicative de 60 µg/L, avec une trajectoire vers des concentrations inférieures à 10 µg/L.

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