Qualité

TMS : Primel Gastronomie cible les postes à risque

23 mars 2015 - Marjolaine Cérou

Les maladies professionnelles en Bretagne représentent 10% des maladies professionnelles nationales.

« Les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont un enjeu capital pour les entreprises du secteur agroalimentaire. Ils sont en augmentation quasi-constante, malgré un fléchissement ces dernières années lié à la mise en place d'actions de prévention. D'où l'importance d'anticiper ce risque en privilégiant une action en amont », indique Pierre-Yves Le Gall en charge des entreprises agroalimentaires du Finistère au sein de la Carsat Bretagne.

Le programme TMS Pro mis au point par la Carsat propose de mettre en place une démarche de prévention des TMS en trois phases : « mobiliser, investiguer et maîtriser ». Un schéma suivi à la lettre par le fabricant de plats cuisinés surgelés Primel Gastronomie (Sill Entreprises). Une première étape consiste à définir les rôles et les compétences de chacun. « Cela prend en compte les médecins du travail, la maintenance mais aussi les concepteurs de machines, qu'il est important de sensibiliser », déclare Eric Balcon, ingénieur prévention du groupe Sill.

Après constitution d'un comité de pilotage, le fabricant s'est focalisé sur la création d'outils de diagnostic à l'aide d'un questionnaire d'aide à l'investigation. « Les opérateurs étaient invités à déclarer s'ils avaient eu des douleurs les douze derniers mois, leurs origines et quels étaient les facteurs de stress... Intégrer les membres du personnel à la démarche a beaucoup contribué à l'analyse des postes », commente-t-il.

Le site a également mis au point des grilles de cotation avec différents niveaux de couleurs (vert, jaune, rouge) pour signaler les douleurs critiques. «Cela a permis de réaliser une cartographie de postes et d'identifier les plus critiques, comme le déballage des matières premières, étape difficile à automatiser », ajoute-t-il. Dix-neuf postes ont ainsi été analysés en six mois, ce qui a permis de mettre en œuvre des plans d'actions adaptés et des suggestions comme l'installation de chariots avec des tablettes plus hautes.

A ce jour, les maladies professionnelles en Bretagne représentent 10% des maladies professionnelles nationales. « Or, la région ne représente que 5% des effectifs, ce qui montre que la fréquence des maladies professionnelles en Bretagne est plus élevée », indique Pierre-Yves Le Gall. En sachant que 30% des maladies professionnelles donnent lieu à une incapacité permanente.

Par ailleurs, plus on monte dans les membres supérieurs, plus les arrêts sont longs. « Il faut compter 300 jours pour un arrêt dû à une douleur à l'épaule, au lieu de 150 jours pour le poignet », illustre-t-il. « De plus, les coûts directs pour des troubles musculo-squelettiques à l'épaule s'élèveront à 27 000 euros. Et si la douleur est invalidante pour la personne, il faudra ajouter 44 000 euros ainsi que les coûts indirects (soit trois à quatre fois les coûts directs) », observe-t-il.

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