Enquête

Emploi. La nouvelle donne

19 février 2010 - Rémi Pin

L’agroalimentaire a les épaules solides. Selon Jean-René Buisson, président de l’Ania, la destruction d’emplois industriels tous secteurs confondus a avoisiné les 5% fin 2009, alors elle n’a été que de 1,3% dans l’industrie agroalimentaire. Crédit : Olly Fotolia

Le recrutement des cadres s’essouffle, mais les salaires augmentent ! En 2009, le marché de l’emploi en agroalimentaire a globalement bien résisté à la crise. Mais la morosité ambiante a freiné la mobilité des salariés. Le recrutement des entreprises s’en ressent. Voici les premiers enseignements de l’enquête de Process alimentaire. La version complète est à découvrir dans notre numéro de février 2010.

Chute drastique des offres d’emploi

« La population cadre a été relativement épargnée par rapport aux ouvriers et aux techniciens », témoigne Sophie Ak, responsable marketing du site Cadremploi.fr. Un constat a priori positif, mais les conséquences de la crise sont ailleurs. Le secteur connaît une panne de recrutement des cadres, avec une chute drastique des offres d’emploi sur l’ensemble des sites spécialisés depuis le début de l’année 2009.
Comment expliquer cette tendance ? De l’avis des experts, le repli des offres d’emploi ne résulte pas uniquement de la baisse des investissements, mais du comportement même des salariés. « Le secteur a toujours pâti d’un turn-over important, poursuit Sophie Ak. Avec une forte mobilité des cadres, il avait du mal à fidéliser ses salariés ». Une situation économique incertaine semble avoir ralenti la mobilité inter-entreprises.

Des entreprises qui peinent à recruter

La crise a donc un effet assez paradoxal sur le recrutement agroalimentaire. Alors que le taux de chômage français ne cesse de grimper (9,1% de la population active fin 2009, soit 2,6 M de personnes) les recruteurs peinent à pourvoir leurs offres d’emploi ! « La situation économique a influencé notre recrutement en externe, explique Frédérique Roy, responsable recrutement du groupe Lactalis. Il est plus difficile de trouver des profils confirmés. Les cadres expérimentés sont plus frileux à changer d’entreprise, la médiatisation de la crise y est sûrement pour beaucoup ».
Effet induit des difficultés des recruteurs, les salaires proposées dans les offres d’emploi affichent une tendance haussière. « Les entreprises veulent recruter des profils plus expérimentés, plus qualifiés et ont donc moins de besoin de jeunes diplômés, analyse Sophie Ak. Dans un contexte économique plus difficile, les entreprises prennent moins de risque et sont donc prêtes à mieux rémunérer ».

  • Retrouvez l'enquête complète est dans le numéro de février 2010:

- Recrutement en berne mais salaires à la hausse
- Priorité aux profils expérimentés
- Les exigences des recruteurs
- Les métiers porteurs

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