Enquête

Salaires : Êtes-vous payé à votre juste valeur ?

26 février 2008 - Fanny Rousselin-Rousvoal

La moyenne des salaires est de l’ordre de 25 à 50 000 € annuels

Autant le dire tout de suite, l’agroalimentaire n’est pas un eldorado pour qui recherche un salaire mirobolant. « Les industries agroalimentaires se situent de 2 à 5 % en dessous des autres secteurs que nous suivons et l’écart est supérieur à 5 % chez les ouvriers », précise Claire Cabaret, éditrice du Guide des salaires (www.guide-des-salaires.com), qui enquête depuis 21 ans auprès des DRH et fournit des chiffres de référence. « Les écarts de salaires entre industries agroalimentaires et autres secteurs sont plus importants chez les ouvriers que chez les cadres », confirme Nicole Le Hir, déléguée régionale de l’Apecita Bretagne. L’explication réside probablement dans la moindre mobilité géographique et trans-sectorielle des premiers, qui restent généralement sur leur bassin d’emploi, en l’occurrence rural dans le cas des IAA. Pour les plus qualifiés, les conditions de travail difficiles (froid, etc.) et les salaires peu attractifs incitent clairement à « aller voir ailleurs ». « En France, 45 % des élèves qui choisissent une formation agro-alimentaire s’orientent vers d’autres métiers ! », soulignait récemment Philippe Rouault, délégué interministériel aux industries agroalimentaires. Ainsi, il y a actuellement une pénurie de profil bac+2 type BTS en IAA.

Écarts à la moyenne très importants

Côté cadres, la règle est l’hétérogénéité des salaires : « La loi de l’offre et de la demande est capitale. Les qualiticiens, très nombreux sur le marché, se voient parfois proposer des salaires très faibles pour un niveau ingénieur, alors que certains profils rares, comme un coordinateur de travaux neufs, s’arrachent à prix d’or », souligne Nicole Le Hir. Pour des ingénieurs de même formation et de même âge, les salaires varient volontiers de 1 à 2,5. Reste que la discrétion est de mise sur les chiffres précis. Les salaires, et plus généralement l’argent, demeurent tabous en France. Les entreprises sont plus que réticentes à s’exprimer sur ce point. Les écoles peuvent être tentées de ne garder dans leurs fourchettes de rémunération que leurs élèves les mieux payés. Les salariés en recherche d’emploi surestiment volontiers leur rémunération actuelle. A l’inverse, les annonces sont souvent loin du salaire qui sera en définitif accordé. « Toutes fonctions agroalimentaires confondues, on peut considérer que la moyenne des salaires est de l’ordre de 25 à 50 000 € annuels, estime Nicole Le Hir. Un(e) jeune diplômé(e) peut quant à lui/elle espérer débuter sa carrière entre 24 000 et 34 000 euros bruts annuels, selon son école car les écarts sont significatifs entre formations qualifiantes. Gagner 40 à 45 k€ à 40 ans est considéré comme « pas mal ». Quant aux salaires supérieurs à 60 k€, on n’en voit pas tous les jours ». La taille de l’entreprise, sa localisation et son secteur d’activité s’avèrent aussi des critères importants.

Êtes-vous payé à votre juste valeur ?Responsable qualité, R&D, chef d’atelier, chef de projet process/technique, responsable production, maintenance, directeur de site, directeur industriel : retrouvez tous les résultats de notre enquête exclusive dans le numéro de février du magazine Process alimentaire.Retrouvez aussi les rémunérations moyennes des jeunes diplômés classées par écoles d’ingénieurs.

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