Vie des IAA

Filière porc : la Fict et l’Inaporc appellent à une revalorisation des prix

13 juin 2022 - Marjolaine Cérou

Face à l’inflation continue et sans précédent des coûts de production, l’interprofession du porc (Inaporc) et la Fédération des entreprises de charcuterie (Fict) appellent à une revalorisation des prix du porc et à une rapide conclusion des renégociations en cours. 

« La pérennité du secteur et de la filière porcine est en jeu », martèle la Fict. Même son de cloche du côté d’Inaporc qui s’inquiète de la dégradation continue de la filière. « Le porc traverse une crise sans précédent. Les éleveurs n’ont pas atteint leur seuil de rentabilité une seule fois sur les douze derniers mois : une situation historique. Le prix de l’aliment poursuit sa hausse vertigineuse (+25 % en un an) alors que, dans le même temps, le prix du porc payé aux éleveurs ne progresse que très lentement. […] Les éleveurs ont bénéficié pour la première fois de leur histoire d’aides de la part des Pouvoirs publics, la conjoncture continue de se dégrader », indique l’interprofession. « Seule une revalorisation rapide des prix payés aux éleveurs pourra limiter les conséquences dramatiques de cet effet ciseaux sur la filière porcine française. Alors que la France produit 106 % de sa consommation porcine, la souveraineté alimentaire du pays en la matière est en jeu », poursuit l’interprofession. 

De son côté, la Fict met l’accent sur les promesses des distributeurs qui, selon la Fédération, « ne sont globalement pas tenues ». D’après un sondage réalisé auprès des entreprises : 

  • Moins de 40 % des entreprises ont pu bénéficier à ce jour de renégociations significatives.
  • 38 % des entreprises sont toujours dans l’attente d’une acceptation par leur distributeur, alors que les distributeurs s’étaient engagés en signant la charte à des renégociations rapides.
  • 23 % font face à un refus ou une trop faible revalorisation par rapport à leurs besoins.

La Fédération regrette également des demandes excessives dites de transparence de la part des distributeurs ainsi qu’une prise en compte bien trop faible, voire nulle, des surcoûts liés aux matières premières non-agricoles. Par ailleurs, plus de 25 % des entreprises de charcuterie risquent d’être contraintes de réduire leurs effectifs en 2022.
« Au-delà du respect de la charte signée en avril, la solution pour sauvegarder nos entreprises de charcuterie est une répartition équilibrée des marges dans la filière. Pour cela, nous incitons les distributeurs à réduire leurs marges. En effet, pour la distribution, le rayon charcuterie est le plus rémunérateur des rayons alimentaires suivis par l’Observatoire de la Formation des Prix et des Marges », commente Bernard Vallat, président de la Fict.
 

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