Economie

L’Ania ne voit pas de reprise en 2010

Crédit : Process alimentaire / Pati Prestige.

Avec 139 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2009, l’agroalimentaire maintient sa place de premier secteur industriel français. Jusqu’alors habitué à une croissance annuelle de 5%, le secteur enregistre tout de même une baisse de son chiffre d’affaires de 7,9% par rapport à 2008. « Cette baisse s’explique par la chute des prix à la production suite à la répercussion de la baisse des prix des matières premières, et l’impact de la première année de mise en œuvre de la LME », a expliqué ce matin Jean-René Buisson qui reste modéré sur cette diminution. « Le reste de l’industrie manufacturière a perdu 12% de son chiffre d’affaires » relativise t-il.

Autre source de satisfaction, la stabilité des effectifs avec 400 000 salariés (-0,9% vs 2008, -4,2% pour l’ensemble de l’industrie) et la baisse des défaillances d’entreprises.
Le solde commercial à 5 milliards d’euros s’est certes dégradé mais le secteur a limité la casse. La France, habituée à truster les deux premières places des pays exportateurs de produits alimentaires transformés, occupe désormais le quatrième rang, derrière les Pays-Bas, l’Allemagne et les Etats-Unis. Elle a exporté 31,9 milliards d’euros de biens alimentaires transformés, en baisse de 9,2%. Les importations s’élèvent à 26,8 milliards d’euros et chutent de 5,5%.

Baisse des investissements

Si Jean-René Buisson se réjouit de la résistance du secteur en 2009, il redoute l’année 2010 qui pourrait « plus pénaliser les industries agroalimentaires françaises ». La chute des investissements en 2009 constitue une première source d’inquiétude. « Les chefs d’entreprises constatent un repli de 14% de leurs investissements qui s’élèvent à 3,8 milliards d’euros en 2009, soit 2,7% du chiffre d’affaires » précise le président de l’Ania. A titre de comparaison, les industries agroalimentaires ont consacré 4% de leur CA à l’investissement en 2007.
La baisse de la marge d’exploitation des entreprises, qui perd un point en 2009 pour s’établir à 5,1%, incite elle aussi à la prudence. 40% des entreprises interrogées dans une enquête d’Alma Consulting Group pour l’Ania ont vu leurs marges nettes se dégrader en 2009. « Nous ne voyons pas de reprise significative avant 2011 » conclut Jean-René Buisson. La volatilité des matières premières « à laquelle les entreprises doivent s’habituer » , les divergences d’interprétation de la LME entre industriels et distributeurs, ainsi que le spectre persistant de taxes sur des produits alimentaires trop gras, sucrés ou salés sont autant d’avertissements qu’adresse le président de l’Ania à ses adhérents.

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