Interprofession

L’Ania sans l’Adepale mais avec la FEBPF

12 janvier 2010 - Pierre Christen

Jean-René Buisson, président de l’Ania, se félicite que son organisation défende « les intérêts des entreprises de l’agroalimentaire de toutes tailles et de tous secteurs », suite à l’annonce de l’adhésion de la FEBPF. Crédit : DR

Le feuilleton continue ! Dernière nouvelle en date, la Fédération des entreprises de boulangerie-pâtisserie françaises (FEBPF), qui regroupe l’essentiel des entreprises industrielles de BVP ainsi que les principaux réseaux de magasins de boulangerie, a annoncé hier rejoindre l’Association nationale de l’industrie agroalimentaire (Ania). Dans un communiqué, la FEBPF indique qu’elle compte obtenir « le poids nécessaire pour défendre leurs intérêts communs », et entend « renforcer directement son action auprès des instances administratives nationales et européennes », avec en ligne de mire notamment, les politiques nutritionnelles et de santé publique. Les relations avec les partenaires, fournisseurs et clients, sont aussi visées, au premier rang desquels la grande distribution.

Un choix à l’opposé de l’Adepale

Présidée par André Barreteau (La Mie Câline), la FEBPF représente les activités concernant le pain (cuit, précuit ou pâte crue, en frais et surgelé) mais aussi la viennoiserie, pâtisserie, les produits traiteurs, les sandwichs et les crêpes, un secteur qui pèse 4,8 milliards d’euros en 2008. Avec cette adhésion, Jean-René Buisson, le président de l’Ania, se félicite que son organisation défende « les intérêts des entreprises de l’agroalimentaire de toutes tailles et de tous secteurs », insiste-t-il. C’est que le choix de la FEBPF va à l’opposé de celui de l’Association des entreprises de produits alimentaires élaborés (Adepale) qui a décidé le 18 décembre 2009 de quitter l’Ania à compter du 1er janvier 2010, entérinant la décision prise à titre conservatoire il y a six mois. « Nous ne nous sommes plus reconnus ces dernières années dans l’Ania et considérons que nos demandes ne sont pas prises en considération, en particulier sur la priorisation des missions de l’Ania et son fonctionnement », déclare Francis Pêtre, président de l’Adepale. L’association représente plus de 200 entreprises, de Bonduelle à Fleury-Michon, pour l'essentiel des PME travaillant dans les secteurs de la conserve, du traiteur, du saumon, etc, soit 45.000 salariés et près de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2009. L’Adepale récuse notamment le montant des cotisations à l’Ania dans un contexte économique particulièrement difficile pour les entreprises et donc pour leurs fédérations. L'Adepale était le troisième contributeur de l’Ania, assurant plus de 10% du montant de ses cotisations, ce qui représentait plus de 20% du budget de l'Adepale. C'est un coup dur pour l'Ania. En temps de crise, le rapport « qualité de la représentation/prix de la cotisation » lui a donc été défavorable.

L’Ania quitte le Medef

Ironie du sort, c’est ce même argument fondé sur le rapport « qualité de la représentation/prix de la cotisation » qu’a utilisé l’Ania pour justifier de sa sortie du giron du Medef. Le 17 décembre 2009, l’Ania a en effet décidé de quitter l’organisation présidée par Laurence Parisot, à compter du 1er janvier 2010, suite à un vote ayant recueilli 33 votants, 18 voix pour, 12 voix contre et 3 abstentions. L’Ania déplore le manque d’efficacité et de transparence du Medef, et regrette que la spécificité agroalimentaire ne soit pas suffisamment prise en compte. Le montant de la cotisation de l’Ania au Medef représente un peu plus de 623 000 euros, soit 16% de son budget. Une décision qui a le mérite de poser la question de la structuration de la représentativité patronale.

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