La filière porcine se mobilise

8 juillet 2022 - Marion DESPOUYS

Malgré une consommation en hausse, la filière porcine française subit la crise de plein fouet et appelle à une revalorisation des prix.

La consommation du porc se porte bien. Elle est en hausse de 2,5 % sur 12 mois arrêtés à fin mars 2022 selon France Agrimer. Pourtant, la filière porcine française n’est pas épargnée par la crise qui touche tous les secteurs de l’agroalimentaire.

Depuis près d’un an, « les éleveurs n’ont pas atteint une seule fois le seuil de rentabilité », alerte l’Inaporc, qui représente les professionnels de la filière. En cause : la flambée des prix de l’alimentation des porcs, qui pèse jusqu'à 70 % dans les coûts de production.

Autre facteur : la faiblesse des coûts du porc sur le marché, provoquée par une offre supérieure à la demande. Malgré un coût de production supérieur à deux euros, le prix de vente a stagné à 1,7 euros ces deux derniers mois, et vient tout juste de repartir à la hausse.

En conséquence, ces « effets ciseaux » impactent la trésorerie des éleveurs. Selon l’interprofession, « ce sont 10 % des 10 000 élevages de porcs français qui pourraient disparaître cette année ». 

La flambée des prix de l’énergie, de l’emballage, du transport et de la main d’œuvre impactent également les transformateurs. Selon une enquête de la fédération des entreprises françaises de charcuterie traiteur (Fict), 25 % d’entre elles pourraient être contraintes de procéder à des réductions d’effectifs d’ici la fin de l’année, et 40 % préparent des produits sont les prix ne couvrent pas les coûts de production.

Des prix en augmentation de + 37 % d’ici fin 2022

L’aide de l’État, 350 millions d’euros, ne suffit pas à couvrir les pertes du 1er semestre 2022, période durant laquelle la hausse des coûts de production s’est vue aggravée par la guerre en Ukraine. Selon l’Inaporc, « en avril, le prix de l’aliment était de 345 euros / tonne, contre 309 euros en janvier ». Un prix qui devrait augmenter de + 37 % d’ici la fin de l’année.

En conséquence, l’interprofession appelle à une revalorisation des prix, qui « permettra aux acteurs de la filière de continuer à contribuer à l’équilibre alimentaire des Français en leur proposant une viande abordable de qualité, dans un contexte d’arbitrages budgétaires dus à l’inflation ». 

Selon une estimation de l'Institut du porc (Ifip) 2020, en France, le porc est consommé à hauteur de 31,6 kg par habitant, contre 28,3 kg pour la volaille, et 22,2 kg pour le bœuf. La filière porcine française représente au total 130 000 emplois directs et indirects.

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