Les IAA européennes ont une place à prendre à l’export

23 octobre 2012 - Laurence Haxaire

Comment se positionner durablement dans un marché globalisé ? Les quelque 400 participants au congrès de FoodDrinkEurope -qui fêtait ses 30 ans à cette occasion- ont tenté de répondre à cette question complexe.

Avec 500 millions de consommateurs à nourrir sur son territoire et en tant que première industrie européenne (956,2 milliards d'euros de CA), l'agroalimentaire pèse lourd dans la définition de la stratégie à 2020 de l'Union Européenne (UE). Et même si les chiffres sont positifs -excédent commercial de 13 milliards en 2011, soit plus d'un tiers par rapport à l'année précédente- la situation économique requiert des efforts pour maintenir la compétitivité du secteur. Innovation en tête, bien sûr, mais aussi meilleure compréhension des attentes des consommateurs et plus grande coopération entre les industriels, les législateurs et la société civile...

Des opportunités à saisir

« Si l'industrie européenne tend à exporter plus, elle devra se focaliser sur les produits de haute qualité car les pays émergents sont en mesure de fabriquer les produits basiques dont ils ont besoin », a remarqué Frans Egberts, directeur de la société néerlandaise de viandes Henri van de Bilt Vleeswaren. Entre croissance de la population mondiale et augmentation des revenus dans les pays émergents, il y a là des opportunités à saisir si l'on en croit plusieurs des intervenants. « Il ne manque à l'Europe qu'un peu plus d'optimisme », remarque Wayne Jones, directeur de la division marché et commerce agroalimentaires de l'OCDE. D'autant plus que les chiffres 2011 sont encourageants : l'export de l'IAA européenne a progressé de 16% globalement, avec, pour la dernière décade, des exports vers la Chine enregistrant +466%, vers la Turquie +261%, vers Singapour +184% et vers la Russie +110%.

L'IAA européenne, un musée ?

Les participants ont unanimement remarqué que le secteur gardait une compétitivité solide et des avantages certains, notamment son leadership en technologies et infrastructures, et sa haute productivité. Mais au niveau normatif, l’Europe doit faire attention. « Elle ne sera bientôt plus en position de représenter l’unique pourvoyeur de normes, alerte Maurice House, conseiller du ministre de l'alimentaire et de l'agriculture américain détaché à la mission des Etats-Unis de l’Union Européenne. En ces temps de globalisation, l'Europe court le danger de devenir un musée de l'alimentation. L'industrie alimentaire européenne a clairement besoin de normes basées sur la science plutôt que sur la culture seule, parce que cette dernière n'est pas un standard, mais seulement une préférence ».

Favoriser le développement des PME

Les PME ont été au centre des discussions lors du congrès, chacun s'accordant à encourager les mesures favorisant leur développement et appelant à la vigilance quant aux nouveautés réglementaires générant des obstacles à l'innovation. Et pour marquer l'occasion, FoodDrinkEurope vient de s'offrir un nouveau manifeste pour marquer l'engagement des industries alimentaires de continuer à opérer comme un catalyseur de croissance pour l'économie européenne, et d'améliorer la confiance des consommateurs grâce à plus de transparence. Consultable sur le site www.fooddrinkeurope.eu

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