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Négociations commerciales 2012 : un climat apaisé

  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Rémi Pin
negocommerciale
Les professionnels du secteur réunis lors de la conférence « Grande consommation et distribution 2012 » organisée par Les Echos sont revenus sur les raisons de l’apaisement des négociations commerciales.

Sur fond de flambée du prix des matières premières agricoles, les négociations commerciales entre industriels et distributeurs avaient été particulièrement âpres en 2011. Le millésime 2012 semble avoir été plus serein, sans bataille interposée dans la presse ou invectives publiques. Le secteur aurait-il gagné en maturité ?

1 à 3% de hausse selon le secteur

Plusieurs explications ont été données par les professionnels du secteur lors de la conférence « Grande consommation et distribution 2012 » organisée par Les Echos, pour expliquer cet apaisement. Certains y voient une loi de modernisation de l’économie qui porte enfin ses fruits. D’autres voulaient éviter les traumatismes de l’an passé, et les déréférencements connus par plusieurs industriels. « Quand on écoute les commerciaux, cela n’a pas été non plus un long fleuve tranquille », annonce Olivier Desforges, président de l’Ilec (Institut de liaisons et d'études des industries de consommation). Il y a eu des suspensions de commande, des bras de fer, mais qui se sont limités à quelques cas ». Les industriels du sucre et des aliments sucrés sont ceux qui ont rencontré le plus de problèmes pendant les négociations, avec une matière première dont l'augmentation a atteint deux chiffres. Le secteur de la viande et du poisson a lui aussi connu des difficultés lors des tractations.

Au final, les tarifs négociés ont connu une hausse allant de 1 à 3% selon le secteur. Les industriels en espéraient toutefois le double pour faire face à la multiplication des taxes et la hausse des matières premières. « Les contrats sont certes signés à temps, mais chaque année, les industriels perdent du terrain », regrette Rachel Blumel, directrice juridique de l’Ania.

Maîtriser l’inflation

Avec ces hausses raisonnables, les distributeurs espèrent préserver leurs volumes de vente, et ont préféré des actions promotionnelles efficaces et des innovations prometteuses plutôt qu’une simple négociation tarifaire. « Quand le prix de la viande augmente de 1% , les industriels doivent comprendre que la consommation baisse de 1%, affirme Jacques Creyssel, délégué général de la FCD. Les consommateurs sont très sensibles au prix, et les distributeurs aussi rognent sur leurs marges ». Même si l’inflation s’annonce moindre en 2012 qu’elle n’a été l’an passé, préserver les volumes des ventes sera la préoccupation principale de la grande distribution. Dans un contexte économique plutôt précaire, industriels et distributeurs ont donc préféré s’entendre plutôt que de s’engager dans une lutte où personne n’aurait trouvé son compte.