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Inflation

La hausse des coûts du plastique met le secteur laitier sous pression

Impactés par le conflit récent en Iran, les cours du pétrole flambent, ce qui accroît la volatilité des coûts des matières plastiques et de l’énergie. Fort consommateur de polymères, le secteur des produits laitiers s’inquiète de cette hausse des coûts, qu’il pourrait répercuter sur le prix du produit fini.
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  • Auteur : Hugo Marc
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Tout le monde l’anticipait, les chiffres ont confirmé la hausse drastique des coûts des résines plastiques, directement liée au conflit qui oppose l’Iran avec les États-Unis et Israël, démarré le 28 février dernier. La raison principale, le blocage du désormais bien connu détroit d’Ormuz à travers lequel transite habituellement 21 % du pétrole mondial.

Le coût des résines a augmenté de 10 à 56 % en un mois

En mars, le Syndicat des entreprises de l’emballage plastique et souple (Elipso) a publié les derniers cours des polymères, qui intègrent les perturbations de marché liées à cette guerre dans le Golfe. Le constat est clair, les cours des principales résines ont augmenté de 10 à 56 % en l’espace d’un mois. «Les perturbations de marché sont brutales et cumulatives, avec des hausses de prix sur les carburants et les matières plastifiées, mais aussi des risques de pénurie d’emballages. Dans ce contexte multifactoriel, les entreprises vont avoir du mal à absorber la totalité des augmentations », déclare Patrick Falconnier, président de Syndifrais.

Selon l’organisation professionnelle des fabricants de produits laitiers frais (Syndifrais), les emballages représentent en moyenne entre 20 à 35 % des coûts de production d’un produit (hors masse salariale). Avec l’inflation des principales résines utilisées par la filière, cette partie des coûts de fabrication connait une hausse importante. En effet, le polystyrène, principal composant des pots de yaourt, a augmenté de plus de 50 % depuis le début de l’année, alors que le polypropylène, utilisé pour les pots de crème ou de fromages blancs voit ses prix progresser de 56 % et pourrait faire face à des pénuries mondiales si le conflit se prolonge.

Le litre de diesel a grimpé de 40 % depuis janvier

Cette problématique de matériaux se couple à l’augmentation des prix de l’énergie, qui représente 10 à 20 % des coûts industriels. «Depuis janvier, le litre de diesel a subi une hausse de 40 %. Avec des livraisons quotidiennes, le coût de notre chaîne de distribution a drastiquement grimpé », explique-t-il. Selon Syndifrais, les entreprises sont déjà confrontées à des déséquilibres économiques conséquents, qui pourraient rapidement «affecter l’investissement, la continuité de production et, in fine, l’offre disponible pour les consommateurs».

Lactalis, Yoplait et Candia appellent à une réouverture des négociations commerciales

Marqueur de l’instabilité du secteur, le géant laitier français Lactalis a annoncé, le 16 avril, qu’il allait devoir «répercuter » l’impact de la guerre américano-iranienne sur ses prix de vente au consommateur. «Le conflit au Moyen-Orient impacte significativement nos frais de transport et de conditionnement. Plusieurs dizaines de millions de surcoûts sont causés par cette tension géopolitique », estime Emmanuel Besnier, p-dg de Lactalis. Sans préciser lesquelles, la multinationale veut «minimiser l’impact en fonction des catégories de produits». Le groupe mayennais a appelé les distributeurs à rouvrir les négociations commerciales, afin de partager les frais engendrés. Les marques Yoplait et Candia se sont aussi tournées vers les enseignes de distribution pour augmenter les prix de plusieurs références.

Les distributeurs s’opposent

À l’annonce de ses demandes, le président du groupe E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc a affirmé son opposition : «cette crise est trop récente pour modifier les prix en rayon. Nous ne voulons pas rouvrir les négociations, mais si l’État le décide nous serons bien obligés ». Du côté de Serge Papin, le ministre des petites et moyennes entreprises (PME) penche vers une réouverture prochaine des échanges commerciaux entre industriels et commerciaux.