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Emballages souples

TotalEnergies lance la première usine française de recyclage chimique de plastiques

À Grandpuits, en Seine-et-Marne, TotalEnergies est désormais capable de transformer certains déchets plastiques en une huile de pyrolyse revalorisable dans le secteur de la pétrochimie. Ces débuts marquent le lancement de la filière de recyclage chimique des plastiques souples en France.
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  • Auteur : Hugo Marc
Après un investissement de 100 millions d'euros, l'unité de recyclage chimique de TotalEnergies à Grandpuits (76) est opérationnelle.

Après un investissement de 100 millions d’euros, l’unité de recyclage chimique de TotalEnergies à Grandpuits (76) est opérationnelle.

Encore il y a peu, la filière de recyclage chimique des emballages flexibles plastifiés n’existait pas sur le territoire français. Avec l’objectif fixé par le règlement européen sur les emballages (PPWR) d’arriver à 55 % de plastiques recyclés (27 % aujourd’hui) d’ici 2030, l’écosystème utilisant des contenants souples a créé le consortium Flex25 pour mettre sur pied une voie de revalorisation. Après avoir estimé que les gisements de polypropylène (PP) en marché étaient suffisants, Citeo a signé en 2023 des contrats auprès des centres de tri et de trois recycleurs (Machaon, Total/Paprec et Indaver) pour établir cette nouvelle boucle de recyclage.

55 % de plastiques recyclés d’ici 2030

Ce 19 mars, TotalEnergies a annoncé le lancement d’une unité de recyclage chimique de PP et de PE à la capacité annuelle de 15000 tonnes dans la raffinerie de Grandpuits (76). «Cette boucle de pyrolyse s’inscrit dans une stratégie entamée depuis 2020 : la transformation de la raffinerie en plateforme zéro pétrole. Cette unité a nécessité un investissement de 100 millions d’euros », affirme Valérie Goff, responsable carburants renouvelables et produits chimiques. Cette nouvelle usine repose sur une technologie innovante de recyclage, apportée par le partenaire britannique Plastic Energy, qui transforme des déchets aujourd’hui incinérés ou enfouis en une huile synthétique présentant après transformation les mêmes caractéristiques que le plastique vierge.

Cette huile, commercialisée sous la marque Tacoil, s’obtient par un procédé de pyrolyse, qui consiste à chauffer les déchets à haute température sans oxygène et sous pression. Elle est ensuite traitée comme matière première pour la pétrochimie, en substitution aux charges fossiles. L’huile servira notamment à la production d’emballages en plastique recyclé compatible avec les secteurs agroalimentaire et médical.

15 000 tonnes de plastiques recyclés par an

Côté Grandpuits, «le premier camion-citerne rempli de Tacoil a quitté le site début mars pour rallier la plateforme de raffinage-pétrochimie d’Anvers (Belgique) », se félicite le directeur du site français, Guillaume Alliot. Avec une capacité annuelle établie à 15 000 tonnes par an, le site pourra seulement gérer 0,3 % des 5,5 millions de tonnes d’emballages mis sur le marché en 2024, selon Citeo. Aujourd’hui, l’unité en Seine-et-Marne peut remplir au mieux un camion d’huile de pyrolyse par jour. Sa pleine capacité devrait être atteinte fin 2026.

760 millions d’euros investis par l’Europe

Ainsi, ce modèle onéreux est «encore à construire» et il «faudra des années avant que l’activité soit significative en termes de volumes», reconnait Jean-Yves Daclin, directeur général de Plastics Europe. Publiée par Mediapart et six médias européens,une enquête révèle que l’Europe a injecté 760 millions d’euros pour construire 78 usines de recyclage chimique. «60 % des projets prévus sont annulés (29 %) ou retardés (31 %) dus principalement à des coûts d’installation aujourd’hui trop importants et des technologies peu efficientes», affirme Yann Philippin, journaliste en charge de l’enquête.

La carte recense les différents stades d'évolution des 78 unités de recyclage chimique de plastiq

La carte recense les différents stades d’évolution des 78 unités de recyclage chimique de plastiques prévues en Europe.

Même si, à date la boucle de recyclage n’est pas mature, au niveau réglementaire, l’Europe perçoit les technologies de recyclage chimique comme des filières clés pour respecter les objectifs d’incorporation de matière recyclée fixés pour les prochaines années. En témoigne, la décision prise début février par les 27 états de l’Union européenne d’intégrer le recyclage chimique dans la part de contenu recyclé obligatoire dans les bouteilles, afin de venir lutter contre la pollution générée par les emballages plastiques à usage unique.

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