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Économie circulaire

Vrac et Réemploi : où en est vraiment la filière aujourd’hui ?

Pour la 5e édition du mois du Vrac et du Réemploi, NielsenIQ a mené une étude pour le Réseau Vrac et Réemploi afin de mesurer la dynamique du marché du vrac et du réemploi dans les habitudes de consommation.
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  • Auteur : Hugo Marc
Le Vrac et le Réemploi affichent une meilleure dynamique en 2025, signe d'une entrée dans les habitudes de consommation.

Le Vrac et le Réemploi affichent une meilleure dynamique en 2025, signe d'une entrée dans les habitudes de consommation.

« Avec 32 % des foyers qui ont consommé en vrac ou en contenants consignés en 2025, l’étude montre que le réemploi n’est plus un modèle marginal dans l’inconscient collectif », affirme Célia Rennesson, directrice du Réseau Vrac et Réemploi dans une conférence tenue au Cfia de Rennes. Après plusieurs années de recul liées notamment à l’inflation et à la crise du Covid, le vrac montre des signes de retour dans les habitudes de consommation des Français. Pour la première fois depuis 2022, le marché gagne un point en 2025 avec 26 % de la population ayant utilisé ce mode de distribution. Quant au secteur de la consigne alimentaire, il gagne deux points avec 15 % des Français embarqués.

Des signes de retour

Entre 2024 et 2025, ce sont les catégories épices, biscuits et cafés qui ont affiché le meilleur taux de pénétration de marché dans le rayon vrac. Les segments principaux restant les fruits oléagineux et les fruits secs, comptant respectivement 54 et 47 % de foyers acheteurs l’an passé. Cette croissance sur l’ensemble des catégories s’explique en partie par la parution d’un décret fin 2025, qui fixe une nouvelle assiette de calcul des produits, afin d’atteindre les 20 % de produits vendus en vrac d’ici 2030 dans les magasins de plus de 200 m².

Au-delà de la législation, les initiatives locales se multiplient pour aller dans le sens de de la distribution vrac. En témoignent, la première machine dédiée aux produits semi-liquides, pâteux, visqueux, en rayon frais ou ambiant développée par la Coalition DéfiVrac et lancée depuis cet été dans les enseignes Intermarché, E. Leclerc et Monoprix. « Dès le 17 mars, l’un des trophées RVR 2025, la solution Juwin adaptée à la distribution de produits collants (confiserie), cassants (snacks salés, extrudés), pulvérulents (café moulu, poudre chocolatée) et de boissons chaudes sera disponible en grande surface », souligne-t-elle. En parallèle, des corners entiers dédiés aux produits conditionnés dans des emballages réutilisables sont en train de s’implanter, comme day by day en GMS ou le corner tout nu, un magasin 100 % dédié au vrac.

Des corners 100 % dédiés aux contenants réemployables

L’étude recense aussi les critères et les freins à l’achat de produits en vrac ou consignés. Pour le vrac et le réemploi, les trois premiers critères d’achat sont identiques : « magasin habituel », « proche du domicile ou sur le trajet » et « offre importante de vrac ». Ainsi, les facteurs de praticité et de diversification de l’offre ressortent comme fondamentaux pour transiter vers de nouvelles habitudes de consommation. Après ce podium d’indicateurs, l’attractivité du prix revient comme un critère clé pour l’offre vrac, alors que l’acheteur de produits consignés se focalise plus sur la simplicité du dispositif de retour des emballages.

L'étude recense les principaux critères d'achat pour les produits consignés ou en vrac.

L'étude recense les principaux critères d'achat pour les produits consignés ou en vrac.

Au niveau des freins actuels, le prix au kilo des produits vrac est la principale limite remontée par le panel de consommateurs. Pour la consigne, 43 % de l’échantillon souligne la difficulté de s’organiser entre les courses habituelles et la logistique de retour des produits couplée au système de consigne.

L'étude classe les freins actuels des consommateurs vis-à-vis des modèles vrac et réemploi. 

L'étude classe les freins actuels des consommateurs vis-à-vis des modèles vrac et réemploi. 

La logistique se structure à l’échelle nationale

Côté emballages ménagers, la consigne alimentaire se développe également, notamment dans les territoires avec des projets qui structurent la logistique à l’échelle nationale. « L’étude montre que ces deux modèles ne s’opposent pas mais apparaissent comme complémentaires, participant ensemble à la diffusion des pratiques de réemploi dans l’alimentation », affirme-t-elle. Aujourd’hui, les opérateurs et fournisseurs pèsent 1,1 milliard d’euros de chiffres d’affaires en 2024, avec 24,2 millions de contenants remis sur le marché. « Avec 1,8 % d’emballages réemployables en France selon l’Ademe, nous sommes encore loin de l’objectif des 10 % fixés par la loi Agec en 2027. Ainsi, il faut accélérer sur la massification des volumes », explique Célia Rennesson. Avec le déploiement du projet ReUse porté par Citeo et piloté par Go ! Réemploi dans 750 magasins, du corner Loop dans 400 points de vente et du projet de Léko dans 500 magasins de la région Auvergne-Rhône-Alpes, les initiatives visent la massification à grande échelle.

La REP emballages professionnels entre en vigueur en juillet

Enfin côté emballages industriels et commerciaux, le mouvement est bien engagé avec 1,741 milliard d’emballages commerciaux réemployés et un taux de retour moyen de 96 %. « La REP emballages professionnels va permettre la structuration des investissements notamment sur la partie logistique et standardisation des emballages pour mutualiser les flux », explique-t-elle.

LANTECH
Lantech a mis au point un système unique permettant de remplir automatiquement le magasin de la formeuse de caisses. Les flans sont prélevés et placés dans le magasin quelle que soit leur configuration. Les sangles sont retirées. Aucune exigence particulière n’est requise en matière de palettes et aucune intervention humaine n’est nécessaire. Lantech@Interpack, hall 13, stand C47, du 7 au 13 mai.