Gaspillage alimentaire : les 5 propositions de G. Garot qui vous concernent

20 avril 2015 - P.C.

Le député Guillaume Garot, qui fut ministre de l’Agroalimentaire (2012-2014), a remis le 14 avril son rapport sur le gaspillage alimentaire à Ségolène Royal et Stéphane Le Foll. Dans le cadre de la lutte contre le gaspillage alimentaire, Manuel Valls, Premier ministre lui avait confié cette mission avec pour objectif d’identifier les freins qui persistent tout au long de la chaîne alimentaire et de proposer des adaptations du cadre législatif et réglementaire.

Résultat, un rapport sous forme de synthèse programmatique constituée de trois volets : la responsabilisation de chaque acteur, une nouvelle politique publique, et un nouveau modèle de développement. (Retrouvez ici le rapport).

Cinq mesures concernent directement les industriels de l’agroalimentaire :

1 Rendre possible le don des produits à marque de distributeur refusés

Une simple erreur d’étiquetage ou de composition, sans que la qualité sanitaire ne soit remise en cause, provoque un rejet de la part des distributeurs.Pour éviter ce gaspillage, le rapport envisage la possibilité pour les fournisseurs de donner les produits refusés par les distributeurs, même s’ils portent la marque du distributeur. Le rapport préconise une disposition législative permettant aux deux parties d’insérer une telle clause dans leur contrat, disposition qui pourrait être d’ordre public, au nom de la lutte contre le gaspillage.

2 Un QR Code pour mieux informer les consommateurs

Guillaume Garot fait le constat que la somme des obligations réglementaires en matière d’étiquetage (durée de vie, modalités de conservation, composition, présence d’allergènes, information nutritionnelle, caractéristiques du produit, modalités de cuisson, etc.) nuisent à la compréhension. Il défend l’intérêt de la dématérialisation des informations via des QR Codes lus par les consommateurs via leur smartphone. Le député appelle à un engagement des fabricants et distributeurs en la matière.

3 Adapter les portions

L’inadéquation de la taille des contenants, des conditionnements ou des portions à l’appétit du consommateur ou à ses besoins a été identifiée comme un des facteurs de gaspillage alimentaire. Le rapport indique que toute évolution en la matière relève des bonnes pratiques que les pouvoirs publics peuvent diffuser et encourager, sans pour autant induire de réglementation.

4 Une utilisation optimale des dates de péremption

Le rapport fait plusieurs constats identifiant les durées de vie comme des éléments déclencheurs de gaspillage alimentaire. En effet, des produits sont retirés des rayons des magasins bien avant la date limite. Ou alors des produits ont une DDM (date de durabilité minimale) alors que leurs qualités sanitaires et gustatives ne l’exigent pas. C’est l’exemple du sel. Plus généralement, les DLC et DDM sont utilisées parfois de façon abusive dans les contrats liant les industriels et les distributeurs, et peuvent servir d’ajustement pour la gestion des stocks.

Fort de ces constats, Guillaume Garot suggère de :

- proposer au niveau européen l’actualisation de la liste des produits en DDM (date de durabilité minimale), c’est-à-dire d’élargir la liste des produits sans date de consommation car ils ne périment pas réellement,

- proposer au niveau national un nouveau partage dans les «délais garantis clients» de la DLC et de la DDM entre industriels et distributeurs. Comme le suggère l’Adepale (Lire ici).

5 Développer la valorisation vers l’alimentation animale

Dans la hiérarchie des actions de lutte contre le gaspillage alimentaire, la strate alimentation animale est située juste après la valorisation en alimentation humaine par le don. Pour Guillaume Garot, cette valorisation doit être favorisée, les industriels pouvant définir dans leur process des coproduits auxquels ils attribuent une destination précise conforme aux dispositions en matière d’alimentation animale. Un engagement qui implique que les autorités françaises en charge des contrôles sur la réglementation des biodéchets fassent clairement la différence entre ces coproduits valorisables et des déchets. Par ailleurs, le rapport souligne que l’encadrement réglementaire national et européen relatif à cette industrie de l’alimentation animale doit évoluer, parallèlement à celui sur les biodéchets.

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