Ingrédients

La France s'engage pour devenir un leader mondial des protéines

17 octobre 2016 - Amélie Dereuder

Le 16 octobre, le consortium Protéines France et les représentants de l’État ont signé un engagement pour développer la filière protéines françaises. De gauche à droite : Xavier Beulin (Avril), Jean-Philippe Girard (Ania), Christophe Rupp-Dahlem (Roquette), Christophe Sirugue, Secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie, Boris Dumange (Pole IAR), Stéphane Le Foll, Ministre de l'Agriculture de l'Agroalimentaire et de la Forêt, Alexis Duval, (Tereos), Jean-Philippe Puig (Avril), Olivier Parent (Vivescia). Crédit photo IAR.

Ce dimanche, l’État* et le consortium Protéines France ont signé un accord sur le développement de la filière française de protéines. L’objectif est de saisir les opportunités de croissance offertes par la hausse de la demande de protéines végétales et animales dans le monde et de faire de la France un leader sur ce secteur. En effet, les analystes s'attendant à une augmentation de 40 % de la demande d'ici 2030. Or pour l'instant, l'Europe et la France sont très dépendants des importations, en particulier de tourteaux de soja pour l'alimentation animale. Les sept industriels fondateurs du consortium (Avril, Limagrain, Neovia (ex-In Vivo NSA), Roquette, Tereos, Terrena, et Vivescia) sont des spécialistes du végétal et comptent bien saisir cette chance pour mieux valoriser leur production. Le consortium est coordonné par le pôle de la bioéconomie IAR.

Plusieurs axes vont soutenir ce programme stratégique de structuration et de développement :

-Structuration de la filière française sur toute la chaîne de valeur pour développer le secteur protéique en s’appuyant sur les compétences nationales existantes,

-Mise en place et soutien de projets agricoles et industriels de R&D visant à constituer une offre de protéines fonctionnelles de qualité et d’origine variées,

-Accélération des investissements dans les outils industriels de pointe,

- Aide à la création et au développement de start-up susceptibles de développer rapidement des innovations en lien avec la filière,

- Accompagnement à la mise sur le marché de produits innovants, dans un cadre réglementaire pérenne (Novel Food, protéines animales transformées (PAT), code des usages).

Sur les cinq prochaines années, les signataires estiment qu'un milliard d’euros devrait être mis en œuvre pour répondre à ces enjeux. Au niveau de l'aide financière, les projets issus de cette démarche seront accompagnés par l’État auprès de la banque publique d'investissement (BPIfrance) ou dans le cadre des procédures mises en place pour le programme d'investissement d'avenir (PIA). Les futurs projets s’inscrivant dans le cadre du programme d’action porté par « Protéines France » pourront notamment tirer parti des dispositifs du PIA3 qui seront mis en place courant 2017.

Ce programme n'est pas réservé à quelques grands groupes. Le consortium Protéines France entend s'agrandir et construire des partenariats. Les modalités d’élargissement sont en cours de définition, mais on peut s'attendre à ce que les acteurs des nouvelles protéines (insectes, algues, etc.) puissent intégrer la démarche.

Le développement du secteur protéique français est reconnu comme stratégique par l’État notamment dans le cadre de la Nouvelle France Industrielle (NFI), de la Commission Innovation 2030, du plan « Agriculture-Innovation 2025 » et du « Plan protéines végétales pour la France 2014-2020 ».

*L’État était représenté pour cette signature du 16 octobre par Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, et Christophe Sirugue, secrétaire d’État chargé de l'Industrie.

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