La moisson 2020 s’avère être la troisième pire récolte de blé tendre depuis 25 ans. Les conditions climatiques ont limité les surfaces emblavées et ont diminué les rendements. Crédit photo Adobe  tumana_net

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La récolte de blé française a chuté de 26%

31 août 2020 - Amelie Dereuder

Très précoce cette année, la moisson française de blé tendre a largement chuté par rapport à celle de 2019. Entre rendements en berne et surfaces à la baisse, elle enregistre un déclin de près de 26 %.

On pressentait une diminution des récoltes de blé, mais elle s’est avérée plus forte que prévue. Auparavant estimée entre 31 et 34 Mt, la moisson 2020 française n’atteint finalement que 29,2 Mt. Une forte chute si l’on compare aux bons résultats de l’année dernière, qui avait dépassé les 39 Mt. Le cabinet Agritel pointe une diminution de 26 % des volumes. Selon l’analyse de Michel Portier, son directeur général, c’est la troisième plus petite récolte de ces 25 dernières années, après 2003 et 2016.

En cause ? De mauvaises conditions climatiques lors du semis, ce qui a diminué de 21 % les surfaces emblavées par rapport à la moyenne quinquennale, ainsi que des sécheresses qui ont fait chuter les rendements de 14% par rapport à 2019, avec de fortes hétérogénéités selon les régions.

En revanche, la qualité des blés tendres obtenus se révèle correcte. L’absence de pluie a préservé les poids spécifiques à un bon niveau (79-80 kg/hl). Quant au taux de protéines, 84 % des volumes collectés dépassent les 11 %.

Le reste de l’Europe peu compétitive

Les mauvaises récoltes ne sont pas le lot de la France. Le constat est assez proche à l’échelle européenne avec une production tous blés au plus bas depuis 8 ans. Elle s'établit à 136 Mt, en repli de 19 Mt par rapport à l’an passé. « Le Royaume-Uni et l’Allemagne ont souffert comme la France d’une forte chute des surfaces emblavées », observe annonce Michel Portier. Il ajoute que seuls l’Espagne et les Pays Baltes dénotent avec des productions records. La Russie, le Canada et l’Australie devraient également enregistrer de belles moissons.

Les cours mondiaux du blé tendre sont ainsi à la baisse depuis mi-juillet, mais restent stables en France. La baisse des rendements et des surfaces augure donc une diminution de revenus pour les céréaliers français cette année. A la demande de la FNSEA et de l’AGPB (Association Générale des Producteurs de Blé et autres céréales), le ministre de l’Agriculture a annoncé mi-août la mise en place d’aides agronomiques et financières pour les agriculteurs touchés par la sécheresse. Il s’agit de reports ou d’allégements des cotisations sociales ainsi que des dégrèvements individuels ou collectifs de taxe sur le foncier non bâti.

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