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Nutrition

Nutri-Score et prix : une étude qui bouscule les idées reçues

Santé publique France a publié le 19 mars 2026 les conclusions d’une étude inédite, menée avec Inrae, qui démontre que les produits affichant un bon Nutri-Score ne sont pas systématiquement plus chers.
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  • Auteur : Stéphanie Perraut
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Depuis son déploiement en France en 2017, le Nutri-Score s’est imposé comme un outil clé pour guider les choix alimentaires. Pourtant, une idée persistante freine son adoption, notamment pour les ménages les plus modestes : les produits qui affichent un bon score (A ou B) seraient plus onéreux que ceux moins bien notés (D ou E). Une perception que l’étude publiée le 19 mars 2026 par Santé publique France et Inrae remet en cause, en révélant une réalité bien plus nuancée.

Les chercheurs ont analysé les prix de 27 955 produits, répartis dans 22 catégories et sous-catégories, entre 2020 et 2023. Les données proviennent des sites e-commerce des principaux distributeurs français. L’objectif : comparer les prix médians au kilo ou au litre selon la note nutritionnelle, en distinguant les marques engagées dans la démarche Nutri-Score de celles qui ne le sont pas.

Des associations Nutri-Score - prix hétérogènes

Contrairement aux idées reçues, les produits mieux notés ne sont pas systématiquement plus chers. Les associations entre Nutri-Score et prix varient selon les catégories :

  • Moins chers quand la note est bonne : Dans certaines familles de produits, les références classées A ou B affichent des prix inférieurs à celles notées D ou E. C’est le cas des yaourts aromatisés et aux fruits, des fromages blancs, des sauces pesto, des légumes surgelés transformés ou encore des plats préparés comme les cassoulets ou les purées. Par exemple, un yaourt aromatisé noté A coûte en moyenne 3 €/kg, contre 4,49 €/kg pour un produit non engagé, quelle que soit sa note.
  • Plus chers dans certains cas : À l’inverse, les produits mieux notés peuvent être plus onéreux dans d’autres rayons, comme les biscottes, les céréales pour petit-déjeuner (notamment celles au miel ou fourrées), les viennoiseries ou les jus de fruits. Une différence qui s’explique souvent par des coûts de production plus élevés liés à la reformulation (remplacement du sucre, des graisses saturées, etc.).
  • Pas de lien significatif : Pour d’autres catégories, comme les pains de mie, les pizzas (hors celles à base de viande) ou les soupes, aucune corrélation n’a été observée entre la note et le prix.

Un constat marquant concerne les marques non engagées : leurs produits sont, dans la majorité des cas, plus chers que ceux des marques qui affichent le Nutri-Score, quel que soit leur score. Selon les auteurs, ce différentiel s’explique en grande partie par l’engagement massif des marques de distributeurs, qui proposent des prix inférieurs aux marques nationales.

« Ces résultats montrent que le Nutri-Score ne pénalise pas financièrement le consommateur. Dans de nombreux cas, il permet même de réaliser des économies tout en améliorant la qualité de son panier », résume directrice générale de Santé publique France.

Un outil au service de la santé publique

Au-delà de l’aspect économique, l’étude rappelle l’enjeu de santé publique. « Il existe un lien avéré entre l’alimentation et la survenue de certaines maladies chroniques lourdes comme l’obésité, les maladies métaboliques, cardio-vasculaires, ou certains cancers », affirme-t-elle. En France, 47 % de la population est en surpoids et 17 % en situation d’obésité, des chiffres liés en partie à la qualité de l’alimentation. La consommation de certains aliments ou nutriments, comme les fibres, les légumes ou les fruits exerce des effets protecteurs, tandis que la consommation trop importante d’alcool, de sel, de produits transformés, de viande rouge ou de charcuterie, par exemple constitue des facteurs de risque.

« Ces constats scientifiques montrent qu’il est essentiel de poursuivre la mobilisation collective en faveur d’une alimentation saine et durable. Le Nutri-Score est un levier pour améliorer les habitudes alimentaires, sans aggraver les inégalités sociales », insiste la directrice générale. D’autant que 99 % des Français connaissent le logo, et 68 % déclarent l’utiliser pour leurs achats.

Avec plus de 1 500 entreprises engagées en 2026 (soit 60 % du marché alimentaire), le Nutri-Score s’impose comme un standard en Europe, adopté par sept pays. Ces résultats devraient rassurer les consommateurs et les inciter à se fier davantage au logo pour leurs achats.